Grayson Perry Courtesy the artist and Victoria Miro

Art contemporain : 5 expos pour l'hiver, de Paris à New York

Céramiques inspirées du Brexit, igloos pour toutes les latitudes et autres paysages fictionnels témoignent d’un futur… annoncé.

• Bruce Nauman électrisant, New York. On se souvient toujours des expositions de Bruce Nauman tant elles sont marquantes. Il fait partie de ces artistes qui convoquent la question du corps et qui met en branle celui du spectateur en l’invitant à participer à ses performances. Paroles ou gestes répétitifs, couloirs exigus et oppressants, pulsations de lumières, directives sardoniques forgées en néon, l’art de Bruce Nauman est une expérimentation poussée parfois à l’extrême, une manière de questionner nos manières de voir, de faire et de sentir. La rétrospective du Schaulager ouvre sur plusieurs installations inédites, dont une oeuvre vidéo qui recourt à des procédés 3D fascinants. Bruce Nauman : Disappearing Acts, MoMA, jusqu’au 25 février. www.moma.org

Green Horses, installation vidéo, 1988.
Green Horses, installation vidéo, 1988. 2018 Bruce Nauman/Artists Rights Society (ARS)

• Ode à l’igloo, Milan. « Nous vivons dans une ère très temporaire. Pour moi, le sens du provisoire coïncide avec ce mot : igloo », disait Mario Merz, qui a produit son premier igloo en 1968 et en a reconduit le modèle jusqu’à sa mort en 2003. A l’ère des migrations planétaires, l’exposition de Milan rassemble une trentaine de ces abris de fortune, sur plus de 5 500 m2 – igloos en argile, en bois, en verre, en pierre et même en cristal. Ces constructions nomades, qui peuvent aussi être perçues comme des havres de liberté, sont souvent ornées de néons, l’artiste jouant du contraste entre ce qui provient de la nature et ce qui relève de la main de l’homme. Mario Merz. Igloos, Pirelli HangarBicocca, jusqu’au 24 février. www.hangarbicocca.org

Acqua Scivola, 1969.
Acqua Scivola, 1969. Fondazione Merz

• Le Brexit à l’oeuvre, Paris. Les grandes céramiques de Grayson Perry sont couvertes de dessins réalisés en graffiti, au pochoir ou par transfert photographique, dont il se sert pour chroniquer les temps présents. En janvier 2017, dans le cadre d’un appel à projet lié au Brexit, il a demandé aux Britanniques de l’aider à créer deux vases, l’un dédié aux « Leave » et l’autre aux « Remain ». Le public s’est enthousiasmé, lui envoyant des centaines d’images et de textes qui ont nourri deux œuvres qui constituent à elles seules le clou de cette exposition parfaitement déjantée. Grayson Perry, Vanité, Identité, Sexualité, Monnaie de Paris, jusqu’au 3 février. www.monnaiedeparis.fr

Matching Pair, céramique émaillée, 2017.
Matching Pair, céramique émaillée, 2017. Grayson Perry Courtesy the artist and Victoria Miro

• Anish Kapoor en son jardin, PortoLe musée de la fondation Serralves, logé dans une villa Art déco, ainsi que ses jardins paysagés, fournissent un cadre singulier à une exposition d’œuvres monumentales d’Anish Kapoor. Avec ses troublants jeux de miroirs courbes, l’artiste bouleverse l’expérience immédiate du proche et du lointain, et transforme les rapports d’échelle. Les sculptures en acier inoxydable, les sphères de métal, les nuages de couleur en volume entrent en résonnance avec l’architecture et le parc, délivrant leur vocabulaire de vide et de plein, de concave et de convexe, de visible et d’invisible. Anish Kapoor : Works, Thoughts, Experiments, Serralves Museum, jusqu’au 6 janvier. www.serralves.pt

Sectional Body Preparing for Monadic Singularity.
Sectional Body Preparing for Monadic Singularity. Filipe Braga Courtesy Fundação de Serralves – Museum of Contemporary Art

• Paysages dystopiques, Berlin. Après avoir créé, dans les années 90, des sculptures punk et des cyborgs traitant de la manipulation des corps et des archétypes féminins, Lee Bul s’est engagée, depuis une quinzaine d’années, dans la réalisation de paysages fictionnels où s’hybrident l’espoir d’un monde meilleur et les cauchemars d’une planète vouée à la ruine. Mêlant avec virtuosité le métal et le cristal, le lumineux et l’opaque, les œuvres suspendues et celles ancrées au sol, l’artiste coréenne investit tout l’espace du musée et propose un univers fantasmagorique absolument captivant. Lee Bul : Crash, Martin‑Gropius-Bau, jusqu’au 13 janvier. www.gropiusbau.de

« Cravings », 1989.
« Cravings », 1989. Korea Photo : Studio Lee Bul

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