Incontournable musée d’art contemporain dans la capitale de l’Ontario, le Moca Toronto vient de déménager dans l’un des bâtiments emblématiques de la ville, témoin de son passé industriel comme de son renouvellement urbain actuel.

Après s’être installé dans une ancienne usine de textile, le MOCA Toronto investit désormais la tour de l’Automotive Building. Construite en 1919 dans le Junction Triangle, un quartier qui compte aujourd’hui le plus grand nombre d’artistes par habitant du pays, la fonderie d’aluminium se destine à devenir le pôle créatif d’un secteur en pleine résurrection, longtemps dédié à l’industrie mais peu à peu revigoré par le dynamisme culturel de la plus grande ville du Canada.

Endormi depuis les années 2000, l’Automotive Building avant sa restauration.
Endormi depuis les années 2000, l’Automotive Building avant sa restauration. Arash Moallemi

Délogé pour laisser place à la construction de logements neufs, le MOCA rejoint ainsi Sterling Road, juste à coté d’un entrepôt désaffecté où se déroule actuellement la plus grande exposition jamais consacrée à Banksy. Inaugurée le 22 septembre dernier, la nouvelle adresse du musée a fait l’objet d’un chantier de trois ans. Une réhabilitation minutieuse, menée conjointement par architectsAlliance et ERA Architects, afin de préserver le caractère du bâtiment de cinq étages qui fut autrefois le plus haut de toute la ville.

Dans le sas de verre qui accueille désormais les visiteurs, le bâtiment à même conservé ses portes d’origines.
Dans le sas de verre qui accueille désormais les visiteurs, le bâtiment à même conservé ses portes d’origines. ben rahn / A Frame

Volontairement discrète, l’intervention des deux agences canadiennes valorise les larges colonnes de béton et les grandes ouvertures d’origine par son dépouillement. Une approche similaire à celle exercée par Lacaton & Vassal au Palais de Tokyo et qui possède également les même objectifs : fournir des espaces facilement adaptables aux besoins des expositions et des artistes. 32 d’entre eux sont d’ailleurs invités à s’approprier le quatrième étage lors d’une résidence annuelle, tandis que le rez-de-chaussée se réserve aux initiatives et événements portés par la communauté locale.

Dédié aux expositions principales, le troisième niveau et sa structure de béton entièrement mise à nue.
Dédié aux expositions principales, le troisième niveau et sa structure de béton entièrement mise à nue. ben rahn / A Frame

Entre une bibliothèque et un café aménagé par MSDS, un studio de design basé à quelques encablures du MOCA, les 74 modules de l’artiste grec Andreas Angelidakis incitent les visiteurs et créatifs à composer eux-mêmes du mobilier, des cloisons, des gradins ou des scènes de spectacle. Le tout pour accueillir des débats, des ateliers ou des performances plus ou moins spontanés et renforcer l’effervescence du quartier.

« Demos – A Reconstruction », un projet participatif d’Andreas Angelidakis.
« Demos – A Reconstruction », un projet participatif d’Andreas Angelidakis. Toni Hafkenscheid
Chamarrés, les 74 modules de l’artiste grec s’assemblent à l’envie.
Chamarrés, les 74 modules de l’artiste grec s’assemblent à l’envie. Toni Hafkenscheid

Pour son exposition inaugurale, le musée présente  Believe, une exploration des croyances qui guident nos valeurs et nos comportements. L’occasion de se (re)plonger dans les installations de Barbara Kruger ou les toiles d’Awol Erizku, réunis dans une sélection d’œuvres canadiennes et internationales à découvrir jusqu’au 6 janvier 2019.

« Believe », une expositon collective conçus autour des oeuvres d’une vingtaine d’artistes.
« Believe », une expositon collective conçus autour des oeuvres d’une vingtaine d’artistes. Toni Hafkenscheid

Exposition Believe, du 22 septembre au 6 janvier 2019.
Au MOCA Toronto, 158 Sterling Rd, Toronto, ON M6R 2B2, Canada.
museumofcontemporaryart.ca


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