Voici en quelques lieux et œuvres une brève histoire de l’art classique, moderne et contemporain espagnol tel qu’on peut le voir à Madrid. Un parcours en quelques étapes pour qui veut aller à l’essentiel et traverser les siècles en quelques heures.

Musée du Prado, parcours espagnol – et express. Madrid est une ville riche en musées, et une bonne façon d’aborder l’art, en particulier espagnol, est de commencer par l’incontournable Prado. Oui, il y a du monde et une longue file d’attente pour y entrer. Mais cela en vaut la peine. On y trouve, entre autres, la plus grande collection au monde de tableaux de Rubens, la plupart commandés par Philippe IV lors du séjour du peintre à Madrid. C’est à cette époque qu’il fraternise avec Vélasquez, influençant sans aucun doute la peinture du jeune artiste. Mais le parcours espagnol du Prado commence bien avant et se situe au rez-de-chaussée du musée, avec des œuvres des XIVe et XVe siècles, peintures gothiques ou de la Renaissance espagnole : un retable de Bartolomé Bermejo, le plafond à caisson d’une ancienne église… Si l’on désire suivre la chronologie, il faut ensuite monter dans les galeries du 1er étage, où se trouvent les tableaux du Greco – certes pas né en Espagne, mais qui en a fait son pays dès son arrivée sous le règne de Philippe II – qui illustrent cette époque florissante pour les arts en Espagne. On admirera aussi les natures mortes de Juan Van der Hamen y León et, bien sûr, les chefs‑d’oeuvre de Vélasquez : ses portraits de cour, mais aussi ses scènes religieuses. Un arrêt s’impose également devant les tableaux de Juan Carreño de Miranda, en particulier ses intrigants enfants obèses. Ce parcours se poursuit au rez‑de‑chaussée, avec Goya : les sublimes Maja vêtue et Maja nue et les puissantes Peintures noires, dont l’effroyable Saturne dévorant un de ses fils et l’émouvant Tres de Mayo, illustrant la fusillade qui suivit la révolte du 2 mai 1808. Retour à la douceur avec des œuvres du XIXe siècle : les paysages catalans de Lluís Rigalt, les montagnes de Carlos de Haes et les tableaux lyriques et lumineux de Joaquín Sorolla.

Paseo del Prado. Tél. +34 902 107 077. www.museodelprado.es
Paseo del Prado. Tél. +34 902 107 077. www.museodelprado.es DR

• Les fondations, autres espaces culturels. Au-delà des institutions publiques, il y a à Madrid de nombreux espaces culturels créés par des fondations privées, familiales ou d’entreprises. L’une des plus connues est la Fondation Juan March, créée en 1955 par le richissime homme d’affaires Juan March Ordinas. Plus qu’un simple lieu d’exposition – avec une programmation de grande qualité –, c’est un espace d’échanges culturels, avec concerts et conférences, et une bibliothèque spécialisée dans la musique et le théâtre contemporain espagnol. Le tout dans un joli bâtiment des années 70.

Fondation Juan March, Calle de Castelló, 77. Tél. +34 914 354 240. www.march.es
Fondation Juan March, Calle de Castelló, 77. Tél. +34 914 354 240. www.march.es DR

• Musée Sorolla, dans la maison d’un peintre. Le musée Sorolla est sans doute l’un des plus jolis de Madrid. C’est dans sa dernière demeure que les visiteurs sont invités à contempler les œuvres de l’artiste. On y accède par un jardin charmant, avec ses fontaines et parterres fleuris, puis on suit un parcours qui traverse les pièces de vie de la maison, avec leurs meubles d’origine et leurs objets décoratifs : le bureau, les salons, la salle à manger et, surtout, l’atelier du peintre, qui semble avoir été laissé en l’état, avec ses pots de pinceaux et son petit fouillis personnel. Tant de choses à voir… les tableaux, bien sûr, mais aussi le moindre petit objet qui raconte la vie du peintre et de son époque. A l’étage sont présentées des expositions temporaires. Celle de l’été (à partir du 5 juillet) est consacrée à la passion de Sorolla pour les jardins.

Paseo del General Martínez Campos, 37. Tél. +34 913 101 584. www.mecd.gob.es/msorolla
Paseo del General Martínez Campos, 37. Tél. +34 913 101 584. www.mecd.gob.es/msorolla DR

• CaixaForum Madrid, architecture industrielle. Le CaixaForum, ouvert en 2008, vaut le déplacement pour son architecture, signée Herzog & de Meuron. C’est une ancienne centrale électrique dont les architectes n’ont gardé que la façade : dénuée de son socle d’origine, elle semble flotter au-dessus du sol. Elle est coiffée d’un bâtiment vêtu d’acier rouillé, dont la découpe suit les formes des immeubles voisins. Même effet de surprise en y pénétrant : lignes fracturées et complexes, escalier sculptural et, au sommet, un café où il fait bon se poser et jouir de la vue à travers les perforations de la peau d’acier. Situé en face du Prado, il boucle cette promenade artistique qui traverse les styles et les époques.

Paseo del Prado, 36. Tél. +34 913 307 300. www.caixaforum.es
Paseo del Prado, 36. Tél. +34 913 307 300. www.caixaforum.es DR

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