Fondée en 1987, Nani Marquina est spécialisée dans le tapis en laine, en soie et en chanvre, qu’elle fait tisser en Inde et au Pakistan. Une marque, désormais mondialement reconnue, basée à la fois à Barcelone et à New York, qui défend avant tout le fait-main.

Les créations de Nani Marquina se reconnaissent au premier regard. Une question de couleurs, de tissage, de toucher, de sensation. Une identité que défend farouchement sa fondatrice. Sa mission : réinventer le tapis artisanal. Et depuis 1987, pas un faux pas. Histoire d’en rajouter à sa kyrielle de récompenses, la marque a reçu tout dernièrement le Elle Deco International Design Award 2018 avec Jaime Hayón pour le tapis Hayón x Nani.

Nani Marquina poursuit ainsi l’héritage familial : son père, Rafael Marquina, designer, est l’auteur de la fameuse burette à huile lauréate du Delta d’or lors de la première édition du Adifad, en 1961. Aujourd’hui, le succès de cette entreprise familiale réside dans son incessante quête d’innovation, en termes de tissage, de matières, de coloris et de dessins.

Données clés

• Réalisations iconiques :
– La collection Tres, signée Elisa Padrón, (elle équipe depuis peu le Motel One de Barcelone et le Made Hotel de New York).
– La ligne Losanges des frères Bouroullec.
• Distribution : 600 points de vente dans le monde. Un showroom à Barcelone, un autre à New York.
• Exportation : 80 % du CA.
• Contract : 25 % du CA.
• Résidentiel : 75 % du CA.

www.nanimarquina.com

Nina Marquina, ode au naturel

Si la majorité des motifs est dessinée en interne, des designers de renom – pas forcément issus du secteur textile – travaillent régulièrement pour cette maison qui compte aujourd’hui plus de 120 collections, à raison d’une cinquantaine par catalogue.

Parmi ces signatures prestigieuses, citons Doshi Levien, Martí Guixé, Eduardo Chillida, Milton Glaser, et les frères Bouroullec. Ces derniers lancent, cette saison, la collection Blur, des kilims tissés dans des motifs géométriques répétitifs, comme ils l’avaient déjà fait avec Losanges, en 2011, et Lattice, en 2016.

La nouvelle collection Blur, dessinée par Ronan et Erwan Bouroullec. Ces kilims sont tissés dans des motifs géométriques répétitifs.
La nouvelle collection Blur, dessinée par Ronan et Erwan Bouroullec. Ces kilims sont tissés dans des motifs géométriques répétitifs. DR

Autre nouveauté, la collection Herb, dessinée par Nani Marquina. Ici, les motifs très minimalistes sont tissés à la main avec un chanvre antibactérien et biodégradable. La créatrice passe une grande partie de ses vacances dans sa ferme, à Ibiza, lieu de retrouvailles familiales mais aussi de réflexion et d’inspiration.

C’est là qu’est née, entre autres, sa fameuse ligne Natural réalisée à base d’orties, de soie et de laine. Une proximité avec la nature que l’on retrouve partout chez elle, jusque dans les modes de production, écologiques ; dans les matières, avec des fibres lavées, des lessives naturelles et un séchage à l’air libre et au soleil.

La nouvelle collection Blur, dessinée par Ronan et Erwan Bouroullec. Ces kilims sont tissés dans des motifs géométriques répétitifs.
La nouvelle collection Blur, dessinée par Ronan et Erwan Bouroullec. Ces kilims sont tissés dans des motifs géométriques répétitifs. DR

Une véritable obsession ! La sublime ligne Tres Vegetal, imaginée avec Elisa Padrón, en 2016, avec ses irrégularités, ses différences d’épaisseur et le mariage subtil des tonalités beige, ivoire et blanche en est la meilleure illustration.

3 questions à Nani Marquina

Fondatrice de la marque qui porte son nom.

3 questions à Nani Marquina

The Good Life : Qu’est-ce qui a changé dans la création de tapis contemporains depuis 1987 ?
Nani Marquina : L’approche du dessin. Jusqu’à présent, ce dernier reposait sur un modèle précis, standard et, la plupart du temps, sur un graphisme formaté ou une illustration. Aujourd’hui, les techniques, les matières et les dimensions ont évolué. Et ce qui était autrefois la base de notre création est devenu presque secondaire, un accessoire, un complément.

TGL : Quelles sont vos principales sources d’inspirations ?
N. M. : Le fait-main, le travail artisanal, la vannerie, la céramique, le textile, l’art, la nature, les voyages… Et puis les collaborations extérieures. Jusqu’à présent, je dessinais tout avec mon bureau de style interne, mais le secteur d’édition que j’ai développé apporte de la fraîcheur, de l’inspiration, de l’expérience et, en fin de compte, de la diversité dans notre catalogue.

TGL : Travaillez-vous sur de nouvelles techniques de fabrication, de tissages, de matières, de couleurs ?
N. M. : Toujours. A condition que les fibres, les pigments et les traitements soient toujours très naturels.


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