A moins d'une heure de l'île de Hong Kong, la péninsule de Sai Kung est un véritable refuge en pleine nature. Une visite salutaire !

Samedi matin. Sai Kung se réveille doucement. Dans un parc tout près de la mer, des randonneurs suréquipés s’étirent avec beaucoup de sérieux ; un peu plus loin, un groupe de danseuses sexagénaires en Lycra rose vif répètent une chorégraphie sur un air de disco – avec non moins de sérieux.

Il est encore tôt, mais dans quelques heures, ils seront nombreux à flâner sur la promenade ou à s’attabler en famille dans l’un des restaurants qui la bordent. A moins d’une heure de l’île de Hong Kong, Sai Kung attire Chinois, expats et touristes en quête de fraîcheur, de verdure et de loisirs. C’est le point de départ de longues ou courtes randonnées à travers une nature luxuriante et sauvage.

Kayak, plongée, wakeboard, ski nautique… on y trouve aussi toute la gamme des sports nautiques. Et, surtout, une multitude de bateaux à louer, à l’heure ou à la journée, qui permettent de faire le tour des îles, de se faire déposer sur un rocher pour pêcher ou de débarquer sur une plage quasi déserte. Enfin, tout dépend de la saison…

Le tour de la péninsule de Sai Kung à bord d’un sampan.
Le tour de la péninsule de Sai Kung à bord d’un sampan. Anthony Kwan

Embarquons à bord d’un sampan motorisé, un bateau en bois à fond plat, certes un peu poussif, mais tellement plus charmant qu’un speedboat. Première étape : Sharp Island, une île qui, comme ses voisines, fait partie du Hong Kong Unesco Global Geopark, une zone qui témoigne par ses roches que l’archipel est assis sur un ancien volcan. En théorie, cette petite île n’est pas habitée. On y trouve une plage aménagée et son bâtiment de service. Mais, juste derrière, une longue clôture bardée de caméras attire notre attention.

On aperçoit au loin une maison et un jardin encombré de statues néoclassiques et de vilains lampadaires. Un très riche homme d’affaires a obtenu le privilège d’y construire une maison de vacances. Quand ? comment ? Nous n’en saurons pas plus…Il est temps de poursuivre notre route vers l’île Kau Sai Chau en faisant le tour d’une côte rocheuse.

Quelques plages s’encastrent dans ce paysage sauvage : publiques et aménagées, comme la Half Moon Bay, ou sauvages et non surveillées, mais sur lesquelles il est toutefois possible de se faire déposer. Tout au bout de l’île se trouve un petit village, avec un quai, une dizaine de maisons, un temple et des résidents plutôt âgés. Une dalle gravée rend hommage à Barbara Ward, une anthropologue britannique qui, dans les années 50, a étudié la population de ce hameau de pêcheurs.

Le village de Kau Sai Chau.
Le village de Kau Sai Chau. Anthony Kwan

De cette activité, il ne reste plus grand-chose, si ce n’est, à quelques dizaines de mètres de Kau Sai Chau, un ensemble de plates-formes flottantes réservées à la pêche récréative. Notre bateau reprend la mer et contourne l’île pour aller à son point de départ. L’occasion de constater qu’à part le petit village que nous venons de quitter, Kau Sai Chau ne compte qu’un golf et, pour tout moyen de locomotion, des voiturettes qui le parcourent.

Le sampan avance lentement, son pilote boit une bière et le paysage défile sans hâte. Étrange de se sentir si loin tout en se sachant si près de la ville. Cette parenthèse se finit par un déjeuner dans un restaurant où les poissons et les fruits de mer sont prélevés dans des viviers pleins à craquer. Sai Kung a un goût de vacances – même si, pour certains, c’est une banlieue où ils se rendent tous les jours pour le travail. La péninsule offre l’espace qui fait défaut à la ville, espace qui permet, on s’en rend vite compte, de posséder des chiens. C’est frappant, il y en a partout. Des gros en grappe au bout d’une laisse, des petits dans les bras de leur maîtresse, des invalides dans des carrioles. Ils sont pomponnés, parfois teints et souvent habillés. Une passion chinoise qui s’exprime ici pleinement. L’année du chien promet d’être belle !

Pratique

S’y rendre : moyennant une vingtaine d’euros et une trentaine de minutes (hors périodes de pointe), le plus rapide et le plus simple est de prendre un taxi.
Se restaurer :
– Sing Kee Seafood. Légèrement excentré, ce restaurant permet de s’éloigner de la foule qui déambule sur la promenade. Pour profiter de la terrasse, il faut aller au-delà de l’adresse officielle, au coin de la rue en bordure du port. Au menu, une cuisine cantonaise classique à base de poisson et de fruits de mer. 33 Sai Kung Tai Street, Sai Kung.
– Sai Kung Cafe & Bakery. Très bonne adresse pour goûter aux fameuses egg tart (héritage culinaire mi-portugais, mi-britannique) et pineapple bun, grosse brioche qui n’a d’ananas que la forme. 6-7 Kam Po Court, 2 Hoi Pong Square, Sai Kung.


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