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Workstation : l'esprit "coworking" accessible aux grands comptes de La Défense

Le promoteur américain Hines vient d'inaugurer son dernier immeuble de bureaux à La Défense. Revampé par l'architecte Franklin Azzi, il répond aux nouvelles attentes des entreprises concernant le bien-être au travail.

Le bureau, un vrai lieu de vie ? Les entreprises ont longtemps repoussé la question, préférant la quantité à la qualité sur une même surface locative, afin d’économiser le plus possible sur ce qui est généralement le deuxième poste de dépenses après les salaires. Aujourd’hui, la donne a changé. Les start-up investissent dans de beaux bureaux aménagés à l’intérieur de grands espaces de coworking, souvent idéalement localisés. Ils offrent une pléthore de services bien-être qui pouvaient paraître étranges il y a encore quelques années (cours de yoga, salles de siesteChief Happiness Officer etc.) mais qui permettent d’attirer de plus en plus de jeunes talents à la sortie des écoles. Les « grands comptes » sont donc, eux aussi, obligés de s’y mettre.

La façade, rénovée en 2002, était encore performante. Les changements extérieurs concernent le socle et les jardins (3D).
La façade, rénovée en 2002, était encore performante. Les changements extérieurs concernent le socle et les jardins (3D). RSI

Problème ? Ces entreprises classiques et installées depuis des décennies ne trouvent pas, ou peu, de lieux adaptés malgré quelques exceptions qui ont déménagé certains de leurs bureaux chez Wework, le géant américain du coworking. Souvent, les surfaces ne sont pas assez grandes et l’adresse trop éloignée de La Défense.

Une terrasse a été ajoutée au 15e étage.
Une terrasse a été ajoutée au 15e étage. TLS

Pour répondre à cette demande grandissante, Hines, promoteur américain basé à Houston (qui est derrière une tour sur six de La Défense depuis sa première construction, celle d’EDF, en 1999), a flairé la bonne affaire en 2015. Sa filiale française a racheté, avec un fond souverain asiatique, un immeuble de 17 étages sur le quai Paul Doumer à La Défense côté Courbevoie. Une pépite sans vis-à-vis, qui offre une vue imprenable et à 360° sur la skyline parisienne et celle du quartier d’affaires. Construit en 1973, il s’est couvert d’une nouvelle façade en 2002. Les intérieurs, eux, n’ont pas changé. Ils répondaient encore aux standards de l’époque lorsque Franklin Azzi a été désigné pour la seconde réhabilitation.

Le hall a gagné en superficie et relie désormais l’entrée, la réception, les jardins et les espaces de restauration (3D).
Le hall a gagné en superficie et relie désormais l’entrée, la réception, les jardins et les espaces de restauration (3D). RSI

Les travaux ont commencé fin 2016, pour s’achever tout récemment. L’inauguration a eu lieu le 12 juillet. Exit les faux plafonds écrasants, les parois sombres, les salles mono-fonctionnelles, le réfectoire ouvert deux heures par jour, le hall minuscule car impossible à louer… L’architecte français, qui fait partie de la Nouvelle AOM, consortium d’architectes en charge de la nouvelle Tour Montparnasse, a rasé le parking extérieur pour le transformer en jardin et a fait tomber les murs pour les remplacer par des baies vitrées, considérablement agrandi le hall. La cantine se transforme en restaurant ouvert toute la journée et  l’auditorium, lumineux et ouvert sur le reste de l’immeuble, gagne une seconde vie. L’objectif ? Tout doit devenir un bureau, sans en avoir l’air. C’est réussi.

La « Gallery » au 13e étage, est le seul plateau meublé de l’immeuble. Il sert de showroom pour les futurs clients.
La « Gallery » au 13e étage, est le seul plateau meublé de l’immeuble. Il sert de showroom pour les futurs clients. TLS

Les équipes de Hines et Franklin Azzi ont également emprunté, comme c’est le cas dans de nombreux espaces de coworking, des codes de l’hôtellerie. Une conciergerie, des services (salle de fitness, navettes vers le métro), un bar, une « réception » plus qu’un « guichet d’accueil », entre autres. « Plus que l’esthétique, cette réhabilitation architecturale avait pour but de transformer les usages de la tour, précise l’architecte, c’est un challenge d’autant plus compliqué qu’il s’agit d’un immeuble de grande hauteur, un édifice froid et peu accueillant, qu’il a fallu transformer en lieu de vie agréable. »

La « Gallery » au 13e étage, est le seul plateau meublé de l’immeuble. Il sert de showroom pour les futurs clients.
La « Gallery » au 13e étage, est le seul plateau meublé de l’immeuble. Il sert de showroom pour les futurs clients. TLS

Hines est en discussion avec plusieurs locataires potentiels, « uniquement de grandes entreprises« , comme le confie Xavier Musseau, directeur général de la branche française de l’entreprise américaine. En tout, les 41 000 m² de Workstation, 35 000 de bureaux, le reste en espaces de services et de restauration, pourront accueillir plus de 3000 employés.


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