Entreprise familiale belge créée en 1967, Tribù exporte depuis cinquante ans ses créations dans plus de 70 pays. Etonnante saga d’une simple entreprise d’importation de mobilier de jardin, devenue aujourd’hui l’une des marques leaders sur le marché de l’outdoor.

Depuis la création de Tribù, sa renommée s’est bâtie sur plusieurs mots clés : le luxe discret, qui se décèle dans les lignes épurées et les tonalités sobres ; des matières résistantes aux aléas des saisons ; un goût affirmé pour l’innovation ; l’obsession du confort ; et enfin le respect de l’environnement, qui se focalise non seulement sur des normes de fabrication écologiques, mais également sur les bonnes conditions de travail dans les ateliers de tissage indonésien.

Tribù, c’est donc l’art de la détente et toute la beauté dans « l’imperfection ». A cela s’ajoute la philosophie initiale de l’enseigne, qui semble couler de source aujourd’hui et qui était pourtant un brin incongrue à l’époque : faire de la terrasse et du jardin une extension de la maison. Et, depuis cinquante ans, ça marche, puisque 15 % du chiffre d’affaires est réalisé en Belgique, 41 % dans le reste de l’Europe et 44 % hors Europe.

Tribù, sobriété au naturel

Tout commence en 1967 quand Henri De Cock crée en Belgique une petite entreprise d’importation de meubles de jardin : NV De Cock. Son fils Lode reprend les rênes de la société à sa mort et lui donne son identité : design sobre et raffiné, teck allégé mélangé à de l’acier inoxydable. Surtout, il met l’accent sur la recherche et innove en utilisant des matières inédites et souvent synthétiques, mais à l’aspect naturel, défiant tous les climats.

Le créateur belge Wim Segers collabore depuis vingt ans avec la marque Tribù. Ici, le Natal Alu Sofa.
Le créateur belge Wim Segers collabore depuis vingt ans avec la marque Tribù. Ici, le Natal Alu Sofa. DR

Un pari d’autant plus audacieux qu’à l’époque la mode est au teck lourd et au plastique coloré. Première création, la ligne Praslin, dessinée par un ingénieur industriel, Wim Segers, qui extériorise ainsi le mobilier intérieur. Une révolution. Bingo ! la ligne sera référencée un an plus tard aux Etats-Unis. En 1998, NV De Cock devient Tribù. La collection Natal, toujours signée par Wim Segers, voit le jour l’année suivante. C’est la toute première gamme en acier inoxydable exposée au Design Hall du salon du meuble de Milan.

En 2009, Tribù s’ouvre encore plus au design. Piergiorgio Cazzaniga, Monica Armani, Vincent Van Duysen, Lievore Altherr Molina… dessinent pour la maison, qui équipe désormais les boutiques Bulgari, Apple, Nespresso et Dior, les hôtels Ritz-Carlton et Four Seasons, des yachts, des résidences privées… En 2013, la troisième génération, les deux fils de Lode, prend le relais : Tom à la direction commerciale et au marketing, et Koen comme directeur général.

A contre-courant

Se singulariser sur un marché de plus en plus concurrentiel où tout se ressemble, tel est le défi que relève Tribù. « Pour cela, la solution est de miser sur la différence et de croire en ses convictions malgré les modes et les avis contraires, explique Koen De Cock. Tribù s’est toujours battu pour l’innovation, sans jamais perdre son identité. A la fin des années 80, mon père a lancé la collection Praslin. Personne n’y croyait, parce que ce qui se faisait à l’époque était tout le contraire. Praslin est devenue en très peu de temps un best-seller. Même chose à la ϔin des années 90 avec la ligne Tosca ou encore la gamme Natal, la première collection de mobilier outdoor en acier inoxydable, du jamais-vu. »

La ligne de meubles d’extérieur CTR, du designer italien Piergiorgio Cazzaniga, allie formes gracieuses et légères, et une technique parfaitement maîtrisée.
La ligne de meubles d’extérieur CTR, du designer italien Piergiorgio Cazzaniga, allie formes gracieuses et légères, et une technique parfaitement maîtrisée. DR

C’est toujours dans cette même dynamique que s’inscrivent les nouveautés et les accessoires de la saison inspirés par la nature, avec la chaise Nodi, imaginée par l’agence de design canadienne Yabu Pushelberg (connue pour ses travaux pour Four Seasons, Barneys, Tiffany & Co., Louis Vuitton…). La table Nox cultive la même épure, avec son piètement en acier inoxydable laqué et son plateau en pierre de lave émaillée qui résistent à l’eau, aux écarts de température et aux ultra violets. Même sens de l’ascétisme avec le fauteuil de metteur en scène La Regista de Monica Armani et son dossier en Tricord tissé main comme une corde.

Autre création de la designer italienne : l’espace de repos Pavilion, version revisitée pour l’extérieur du lit à baldaquin. Avec son plateau en pierre de lave émaillée insensible à l’eau, au chaud, au froid et aux ultra violets, la T-Table de Marc Merckx (auteur également de la collection Illum, réalisée en collaboration avec Pieter Maes) adopte la même rigueur stylistique. Tout comme les tables d’appoint Hexagon, qu’il a également dessinées et dont les pieds en teck sont inspirés des colonnes de basalte de la chaussée des Géants, en Irlande du Nord.


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