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The Good Exhibition : Alvar Aalto, le « mage du Nord » de retour à Paris

Jusqu'au premier juillet 2018, la Cité de l'Architecture et du patrimoine rend hommage à celui qui fut l'un des architectes et designers les plus éminents du XXe siècle, notamment surnommé le « mage du Nord » par le critique d'architecture Sigfried Giedion.

30 ans après la dernière grande rétrospective française organisée au Centre Pompidou, la Cité de l’architecture retrace les cinquante années de carrière d’ Alvar Aalto (1898-1976) à travers près de 150 maquettes, dessins, photographies et pièces de mobiliers. De ses premiers projets finlandais au développement international de son agence, l’exposition pose un regard transversal sur l’oeuvre de l’architecte et designer pour restituer la complexité d’une pensée originale, conciliant principes fonctionnalistes et aspirations humanistes.

La plupart des maquettes, photographies, plans, pièces de mobilier et luminaires sont présentés pour la première fois en France.
La plupart des maquettes, photographies, plans, pièces de mobilier et luminaires sont présentés pour la première fois en France. ©Cité de l’architecture & du patrimoine-photo _ Gaston Bergeret

Fils de forestier, Alvar Aalto marque sa singularité dès ses débuts dans les années 1920, en mariant au modernisme de l’époque des formes libres inspirées par les paysages de Finlande. Un univers organique qui caractérise chacune de ses réalisations, mais dont le parcours nous invite à réinterroger la source en tissant des liens avec les œuvres de Fernand Léger, Jean Arp, Alexander Calder ou de László Moholy-Nagy.

Les maquettes de l’architecte répondent à un mobile de Calder et aux toiles de Fernand Léger.
Les maquettes de l’architecte répondent à un mobile de Calder et aux toiles de Fernand Léger. ©Cité de l’architecture & du patrimoine-photo _ Gaston Bergeret

Une avant-garde artistique côtoyée à Paris, lorsqu’il réalise en 1937 le pavillon finlandais de l’Exposition internationale des arts et des techniques. Deux domaine qu’il concilie littéralement au sein de la société Artek, fondée deux ans plus tôt avec sa femme Aino Aalto afin éditer ses propres créations, les plus souvent conçues en même temps que ses architectures où aménagement intérieurs, mobilier, luminaires et toiles de maîtres se font écho pour façonner une œuvre d’art totale.

Bibliothèque de Viipuri (1927-1935).
Bibliothèque de Viipuri (1927-1935). ©Armin Linke

Si certains bâtiments, comme le sanatorium de Paimo (1928-1933) ou la bibliothèque de Viipuri (1927-1935), lui valent déjà une certaine notoriété au début des années 30, notamment d’être publié dans la presse architecturale française, c’est avec la diffusion des produits Artek en Europe et aux États Unis qu’il obtient une reconnaissance internationale. D’autant plus à New York, où il expose ses pièces dans le pavillon finlandais de l’Exposition universelle qu’il signe en 1939, la même année que l’inauguration de la villa Mairea (1939).

Pavillon finlandais de l’Exposition universelle de 1939.
Pavillon finlandais de l’Exposition universelle de 1939. ©Alvar Aalto Museum

Considérée comme l’une des œuvres les plus abouties de l’architecte, la villa Mairea s’expose ici sous forme de maquette et de dessins, aux cotés de ses études pour la mairie de Säynätsalo (1949-1952) et la maison Louis Carré (1956-1959). Autour de ses pièces les plus iconiques, du fauteuil Paimio au vase Savoy, les photographies de l’église (1960-1963) et du centre culturel de Wolfsburg (1962-1971) témoignent ensuite de son activité prolifique en Allemagne, avant de mener à une dernière partie agrémentée d’une matériauthèque.

Vase « Savoy » (1936), dont la production fut développée pour le restaurant du même nom à Helsinki.
Vase « Savoy » (1936), dont la production fut développée pour le restaurant du même nom à Helsinki. 2014

Considèrant la matérialité comme « le trait d’union entre tous les arts », Alvar Aalto multiplie les expérimentations et relance autant l’industrie du verre artistique en Finlande, qu’il perfectionne la technique du bois moulé ou s’approprie les techniques de la standardisation, à l’échelle de ses tabourets comme des maisons préfabriquées. Un recherche constante, pour intégrer l’art au quotidien et à toutes les sphères de la société, à découvrir jusqu’au premier juillet 2018 sous les arches du Palais de Chaillot.

Fauteuil « Paimio n°41 » (1932), dessiné pour le sanatorium du même nom.
Fauteuil « Paimio n°41 » (1932), dessiné pour le sanatorium du même nom. 2014

Exposition Alvar Aalto, architecte et designer.
A la Cité de l’architecture et du patrimoine, 1 Place du Trocadéro et du 11 Novembre, 75116 Paris.
Du 9 mars au 1 juillet 2018, tous les jours sauf le mardi de 11h à 19h.
www.citedelarchitecture.fr


 

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