A la fois tout et rien. La métropole écolo continue de rouler à vélo et de manger bio. Mais aussi de grignoter chaque jour un peu plus sur ses anciens quartiers populaires. Le métro s’étend, Noma se reconstruit, et le Danish Architecture Centre de Rem Koolhaas s’achève. La capitale poursuit sa marche radicale et stylisée.

Austères, les Danois ? On vous l’accorde, pas franchement hilares. Le mélange de luthéranisme, de civisme et de conscience écologique rend sérieux. Néanmoins, on le sait tous : Copenhague est régulièrement classée en tête des villes où il fait bon vivre. Peut-être parce qu’elle sait marier tradition et excentricité. Elle s’est ingéniée, par exemple, à préserver Christiania, la « ville libre » des hippies. Cette enclave autogérée, à un jet de pierre du centre-ville, ne paie pas de taxes et a ses propres règles. C’est ici aussi que René Redzepi (chef du Noma) a inventé la nouvelle cuisine nordique, cousue d’audace et de radicalité, qui a fait passer directement ses concitoyens de la pomme de terre bouillie aux expériences moléculaires. Les imitations de ses confrères ne sont pas toujours convaincantes. Et lorsqu’on traverse le Circle Bridge – ce drôle de pont pas du tout sérieux composé de cercles qui s’imbriquent les uns dans les autres vous interdisant de marcher droit –, on se dit que Copenhague, c’est le feu sous la glace.

Le Circle Bridge à Copenhague, un drôle de pont imaginé par l’artiste islando-danois Olafur Eliasson.
Le Circle Bridge à Copenhague, un drôle de pont imaginé par l’artiste islando-danois Olafur Eliasson.

Le saut à pieds joints dans l’avenir a commencé en 1996, année où la ville fut nommée capitale européenne de la culture. Depuis, elle se fait un devoir de garder une longueur d’avance sur tout le monde. Dans les nouveaux quartiers de Norrebro et de Vesterbro, il ne se passe pas une journée sans que n’ouvre un nouveau concept-store ou un petit coffee shop bourré de hipsters. Les anciens quartiers des boucheries et de la prostitution baignent désormais dans une ambiance un peu berlinoise. Après le « Diamant noir » signé Henning Larsen, après le drôle d’aquarium en forme de baleine, après la spectaculaire extension du musée Ordrupgaard par Zaha Hadid, après l’opéra et son impressionnant toit en porte-à-faux, on attend à présent l’inauguration du Danish Architecture Centre, dessiné par Rem Koolhaas. Quant au Noma, longtemps élu meilleur restaurant du monde, il a fermé pour mieux rouvrir de l’autre côté du pont de Christianshavn, dans d’anciens entrepôts réhabilités par la nouvelle coqueluche danoise, Bjarke Ingel. Cet ancien port de marins a décidément la bougeotte.

Le « Diamant noir », abrite la bibliothèque nationale du Danemark.
Le « Diamant noir », abrite la bibliothèque nationale du Danemark. GC

Kodbyen : le Meatpacking de Copenhague

La plupart des nouveaux bâtiments, commandés à des stars de l’architecture internationale, sont posés au bord du canal qui coupe la ville en deux et débouche sur la mer, aux pieds de la statue de La Petite Sirène. Pour s’offrir un premier panoramique, c’est très facile : il suffit de prendre le bateau-bus qui, comme les vaporettos de Venise, zigzague d’un bord à l’autre. Tout au bout, Papiroen – l’île qui doit son nom aux entrepôts qui stockaient le papier pour imprimer les journaux – est le nouveau lieu à la mode : on déboule à vélo sur ses quais pour exposer sa peau blanche aux premiers rayons du soleil, on se presse aux vernissages de son tout nouveau centre d’art contemporain, on flâne dans ses nombreux showrooms de designers… Un nouveau gigantesque marché couvert dédié à la street food est pris d’assaut tous les week-ends : smorrebrod (sandwich ouvert de pain noir) et bière danoise à volonté ! Aujourd’hui, tous les regards sont tournés vers Kodbyen, ancien quartier des abattoirs qui s’est surnommé lui-même « Meatpacking », comme à New York. N’exagérons rien… Les lieux sont à l’échelle de cette ville intime où l’on pédale d’un quartier à l’autre en quelques minutes. Mais il est vrai que les galeries alternatives ouvrent là désormais, et que les terrasses de restaurants installées le soir sur les anciens parkings sont spécialement joyeuses. Pas loin de la gare, autour de l’iconique hôtel Radisson SAS Royal, conçu par Arne Jacobsen, et de l’ensemble Axel Towers – des tours cylindriques gainées de cuivre par le cabinet Lundgaard & Tran- berg –, le quartier se remanie entièrement. Quoi de neuf à Copenhague ? Presque tout.

Y aller

Avion SAS.

En avion : 2 heures avec la compagnie scandinave SAS. www.flysas.com
Vols directs également sur Air France, EasyJet et Norwegian Air.

Se déplacer :

  • en louant un vélo, bien sûr ! Le top : le système Bycyklen, avec moteur électrique et GPS ! www.bycyklen.dk Ne pas manquer d’emprunter le Harbour Circle, un parcours fléché de 13 km dessiné autour du port intérieur pour faire découvrir les bâtiments historiques et les sites naturels.
  • Ne pas compter sur le métro, dont les travaux d’extension s’achèveront en 2018. Le réseau de bus, en revanche, est ultrasimple et dense.
  • On se balade partout avec la Copenhagen Card. Valable entre 1 et 5 jours, elle donne aussi un accès gratuit à 79 musées et attractions. Une solution pratique et économique, car les billets d’entrée et les transports sont chers, comme le reste.

Se renseigner : office du tourisme danois. www.visitdenmark.com

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