Stevens Frémont

Sommets péruviens by Belmond : de Cuzco au Machu Picchu

C’est curieusement au Pérou que le groupe Belmond (ex-Orient-Express) est le plus implanté. Avec ses hôtels et ses trains, il permet de vivre l’incroyable expérience du Machu Picchu et de Cuzco sans jamais quitter les standards de haut vol qui ont fait sa renommée. Expérience.

Le mal de l’altitude ne semblant pas nous affecter, nous nous décidons à quitter ce havre de paix pour explorer la ville. A peine franchi le seuil de l’hôtel, voilà que surgit une femme en costume traditionnel accompagnée de son lama, cherchant à monnayer une pose avec les touristes. Alors on pense au photographe Martin Chambi (1891-1973), immense portraitiste péruvien installé à Cuzco qui fut le premier à diffuser des images des communautés incas sous forme de cartes postales. On pense à Irving Penn, qui, en 1948, après un shooting effectué pour Vogue à Lima, lui emprunte son studio et, à son tour, fait poser des familles et des enfants de Cuzco. Enfin, on pense à Mario Testino et à sa série Alta Moda vue quelques jours auparavant dans son musée de Lima. De grands formats sublimes qui révèlent l’incroyable richesse des costumes de fêtes traditionnels. La balade se poursuit dans les rues animées de la ville, entre une visite d’église, une pause café (excellent), les innombrables marchands du temple et les rabatteurs qui agitent des prospectus pour les excursions au Machu Picchu. Car tous ici ont un même but : visiter l’ancienne cité inca. Pour s’y rendre, plusieurs options en fonction du temps, de la forme et des moyens : le trek sur 2, 3 ou 4 jours, le minibus collectif (à compléter par 3 heures de marche) et le train, l’option la plus facile et la plus rapide. Mais il y a train et train… Ceux de Peru Rail et ceux d’Inca Rail qui, en trois heures, relient Poroy (située à 20 minutes de voiture de Cuzco) à Aguas Calientes, la petite ville installée au pied du Machu Picchu. Et l’Hiram Bingham, train de luxe opéré par Belmond qui, décidément, accompagne les voyageurs à toutes les étapes de leur périple péruvien.

Service de luxe à bord du train Hiram Bingham.
Service de luxe à bord du train Hiram Bingham. Stevens Frémont

En train by Belmond

Direction la gare de Poroy, donc, ou l’hôtel Belmond Rio Sagrado, si celle-ci est inondée – ce qui arrive souvent à la saison des pluies. Après un accueil en musique, les voyageurs sont invités à prendre place dans les wagons aménagés en salon-bar-restaurant. Le périple de trois heures se fait au rythme de la musique live, des pisco sour et d’un repas préparé dans le wagon-cuisine. Le train suit le cours de la rivière à une cadence cinématographique, cadrant une femme en jupons colorés courbée dans un champ, un nuage accroché au sommet d’une montagne, les eaux turbulentes de l’Urubamba… Au fur et à mesure, la vallée semble s’encaisser toujours plus profondément, les blocs montagneux en forme de pains de sucre s’élèvent toujours un peu plus haut, la végétation devient de plus en plus dense et tropicale. Combien de millions de touristes sont passés dans cette vallée depuis 1911, date à laquelle l’explorateur Hiram Bingham a découvert la cité du Machu Picchu ? Le charme est-il rompu, malgré les efforts entrepris par le gouvernement péruvien pour contrôler la fréquentation ? Nous le saurons bientôt. Nous approchons d’Aguas Calientes, lieu de convergence de tous ceux qui visitent le Machu Picchu.

Le Sanctuary Lodge est le seul hôtel présent au sommet de la montagne. Il est également géré par le groupe Belmond

Le Sanctuary Lodge est le seul hôtel présent au sommet de la montagne. Il est également géré par le groupe Belmond

C’est dans ce village, quel que soit le moyen de transport, que tout le monde se retrouve, dans un chaos certain : des guides, des backpackers, des familles en quête de leur hôtel ou de leur bus et, de tous côtés, partout, des marchands de babioles colorées. Toutes les dix minutes, de 5 h 30 à 17 h 30, des navettes conduisent ces visiteurs d’un jour sur le site de la citadelle. Un système qui sera peut-être remplacé un jour par un téléphérique, le gouvernement péruvien y songe sérieusement. Les règles sont strictes : il faut être muni d’un billet acheté à l’avance (le quota est de 2 500 personnes par jour), accompagné par un guide officiel jusqu’aux chemins de circulation, et la durée de la visite est de quatre heures maximum. Quelques privilégiés, dont nous sommes, ne se pressent pas. Au lieu de nous diriger vers les guérites de contrôle, nous entrons dans le Sanctuary Lodge, seul hôtel présent au sommet de la montagne et également géré par le groupe Belmond. Les 31 chambres et suites sont installées dans un bâtiment aux dimensions réduites, ce qui limite au strict minimum l’impact sur le site. Il n’y a pas de vue sur les ruines, les chambres sont confortables sans plus, mais le restaurant est agréable, et l’idée même de rester sur place et de visiter le site après que tout le monde est parti rend l’expérience incroyable. Quel luxe ! Notre accès au site est prévu pour le lendemain, mais le soleil est aujourd’hui au rendez-vous et donc rare en cette saison de pluie. Grâce au concierge de l’hôtel, nous avançons notre visite. Voilà, nous y sommes.

Des blocs montagneux en forme de pains de sucre et la végétation, dense et tropicale.
Des blocs montagneux en forme de pains de sucre et la végétation, dense et tropicale. Stevens Frémont

Sans nous presser, nous savourons chaque minute jusqu’à ce qu’un gardien nous ordonne de quitter les lieux. Il est 17 heures. Le plaisir se prolongera au bar autour d’une énième version de pisco sour. La nuit tombe sur le Machu Picchu et ses mystères. Le lendemain est une journée exécrable, la pluie incessante et intense rend la visite difficile pour tous ceux qui arrivent. Alors nous observons, depuis l’abri de l’hôtel, les va-et-vient des navettes qui déversent des touristes moroses couverts de ponchos en plastique. On les comprend. Venir jusqu’ici représente un investissement, et, pour la plupart, ce sera l’unique visite d’une vie. Au-delà d’un selfie de plus et d’une ligne rayée sur la to-do-list, qu’est-ce qui attire dans la cité antique des Incas ? Le regret d’un monde perdu qui nous dépasse? L’incroyable site ? Le mystère de son édification? Le ciel jette un voile sur ces questions… Alors, en attendant de quitter la « Vieille Montagne », on se replonge encore une fois dans le poème de Pablo Neruda : « Alors, j’ai monté sur l’échelle de la terre/ Parmi l’atroce enchevêtrement des forêts per- dues/ Jusqu’à toi, Machu Picchu… »

Guide pratique

Kuoni propose d’explorer les exceptionnels paysages andins à bord du mythique Belmond Hiram Bingham, puis du tout récent Belmond Andean Explorer. Circuit de 12 jours/10 nuits à partir de 8 990 € par personne, comprenant les vols Paris–Lima–Paris sur Air France en classe économique ; les trajets Cuzco–Aguas Calientes–Cuzco à bord du Belmond Hiram Bingham et Cuzco–Puno–Arequipa à bord du Belmond Andean Explorer en catégorie lits jumeaux (2 nuits), 8 nuits en hôtels 4 et 5 étoiles (norme locale) avec petits déjeuners et les services de guides locaux parlant anglais.
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