Un ours et un petit garçon peuvent-ils être les meilleurs amis du monde ? D’après les spécialistes du comportement animal : non ! D’après la série télévisée « Mon ami Ben », oui. A la télé, tout est possible. Revival de notre chère et tendre enfance !

Au milieu des années 60, la télévision américaine ressemble à une version moderne de l’arche de Noé. Après « Flipper le dauphin » (1964), puis la guenon Judith et le lion Clarence dans « Daktari » (1966), c’est au tour d’un ours d’être le héros d’une série pour enfants: « Mon ami Ben » (« Gentle Ben »). Derrière ces trois sagas à succès, on retrouve le même homme : Ivan Tors, un scénariste et producteur d’origine hongroise. « Mon ami Ben » raconte une belle histoire d’amitié. Celle entre Mark, un garçon de 8 ans, et Ben, un ours qui devient son compagnon de jeu dans le décor enchanteur des Everglades, en Floride. A l’origine, Gentle Ben est un roman pour enfants écrit par Walt Morey, publié en 1965 aux Etats-Unis et trois ans plus tard en France. L’auteur s’est inspiré de ses séjours en Alaska où, selon lui, de telles relations amicales entre des enfants et des ours n’étaient pas rares. 

L’ours Monsieur Ben et le jeune Mark, interprété par Clint Howard, sont les principaux personnages de la série Mon ami Ben.
L’ours Monsieur Ben et le jeune Mark, interprété par Clint Howard, sont les principaux personnages de la série Mon ami Ben.

Vendu à quelque trois millions d’exemplaires, ce best-seller est d’abord adapté sous forme d’un long métrage intitulé Gentle Giant. Mais sa sortie est retardée et n’intervient finalement que quelques semaines après la diffusion des premiers épisodes de la série. Les producteurs ont pris quelques libertés par rapport au roman. A commencer par le cadre géographique, qui se situe en Floride et non en Alaska. D’où de légères contrariétés pour nos amis les ours, qui éprouvent des difficultés à s’adapter au climat chaud et humide des Everglades. Les plantigrades retenus ne sont d’ailleurs pas les mêmes : l’ours brun du roman cède sa place à des ours noirs, capables de marcher sur leurs pattes arrière. Parmi eux, un certain Bruno, considéré comme « l’acteur » le plus performant grâce à son tempérament, l’étendue de sa gamme d’expressions et son aptitude à travailler avec les enfants. La petite histoire ne dit pas s’il était syndiqué et s’il bénéficiait d’un salaire digne de ce nom…

Si le septième art n’a pas rendu à Bruno de « mon ami Ben » l’hommage qu’il mérite, malgré son rôle dans Juge et hors-la-loi, de John Huston, il n’en va pas de même de plusieurs acteurs du film ou de la série. Dennis Weaver, qui incarne le père de Mark au cinéma et à la télévision, n’est pas un inconnu. Quelques années plus tard, en 1971, il deviendra l’automobiliste harcelé par un camion conduit par un mystérieux chauffeur dans Duel, un film (culte) signé par un jeune réalisateur nommé… Spielberg. Mark, lui, est interprété par Clint Howard, le frère de Ron Howard, comédien et cinéaste américain que les téléspectateurs connaissent bien grâce à son rôle dans la série « Happy Days ». Et les cinéphiles seront sans doute heureux d’apprendre que la maman de Mark, dans le film, n’est autre que Vera Miles, remarquée dans La Prisonnière du désert, de John Ford, et dans Psychose, d’Alfred Hitchcock.

Fiche technique

• Créateur : Ivan Tors.
Adaptée du roman de Walt Morey, Gentle Ben (1965); traduction française : Le Grand Ours et l’enfant (1968).
Chaîne d’origine : CBS.
Dates de diffusion : du 10 septembre 1967 au 27 avril 1969.
Nombre de saisons : 2.
Nombre d’épisodes : 56 x 26 minutes.
Série d’animation : «Gentle Ben» (1981)
Films : Gentle Giant (1967); Gentle Ben (2002) ; Gentle Ben 2 (2003).

Principaux personnages

Le héros : Mark Wedloe (Clint Howard)
Le père : Tom Wedloe (Dennis Weaver)
La mère : Ellen Wedloe (Beth Brickell)
Le voisin : Henry Broomhauer (Rance Howard)
• L’ours : Monsieur Ben (Bruno, Buck, et divers ours)

Mon ami Ben : un tournage parfois risqué

En dépit d’une atmosphère bon enfant, et de la complicité affichée à l’écran entre le garçon et l’animal, le tournage de « mon ami Ben » ne fut pas exempt de risques. Les ours étaient parfois imprévisibles, quand ils n’étaient pas d’humeur (très) difficile. Bruno eut un jour la bonne idée de s’asseoir sur Mark – sans conséquences graves, heureusement. Selon Dennis Weaver, les membres de l’équipe avaient reçu pour consigne de ne pas révéler à l’extérieur d’éventuels incidents. Le tournage de chaque épisode était d’ailleurs limité à trois jours, afin que les bêtes ne soient pas trop incommodées par la chaleur et l’humidité. Diffusée quelques semaines après l’agression de deux campeuses par un grizzli, dans le Montana, la série fut l’objet de plusieurs critiques. Certains spécialistes des ours lui reprochaient de donner une vision excessivement optimiste du comportement de cet animal et d’idéaliser sa relation avec les humains. La télévision suédoise refusa même de la programmer, de peur que les enfants ne soient incités à confondre les ours sauvages avec de gentilles peluches. Ce qui n’a pas empêché le « mon ami Ben » d’entrer dans la mémoire collective, au point d’avoir droit à son propre rôle dans un épisode des « Simpsons »…

The good concept store A découvrir dans le concept store