Christian Fournier

Dans les coulisses d’un vol Cathay Pacific à CDG

La compagnie hongkongaise Cathay Pacific nous a offert le privilège d’accéder aux coulisses de la préparation d’un vol à l'aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Ambiance.

Il est 9h30 à notre arrivée au terminal 2A de l’aéroport Roissy-Charles-de-Gaulle. Nous attend ici, devant les comptoirs d’enregistrement, Amanda Rondot, Direct sales manager pour Cathay Pacific. C’est elle qui nous fera visiter l’envers du décor de la préparation du vol CX260 à destination de Hong Kong. Décollage prévu pour 13h10. Première étape, un passage en coup de vent dans le bureau de la compagnie, au sous-sol, dissimulé parmi de nombreux autres dans un dédale sous-terrain que l’on ne soupçonne pas lorsque l’on commande son tall Latte, toujours trop chaud, un œil sur sa Samsonite. Pas le temps d’admirer les maquettes d’A350 et de 777 qui trônent sur les tables que l’on récupère déjà nos badges, prêts à retraverser CDG.

Loin de sa porte d’embarquement, l’avion est nettoyé et préparé pour accueillir les passagers du prochain vol.
Loin de sa porte d’embarquement, l’avion est nettoyé et préparé pour accueillir les passagers du prochain vol. Christian Fournier

Quelle joie de passer tous les contrôles vitesse grand V ! Une fois sur le tarmac, gilets jaunes obligatoires, on embarque à bord d’un utilitaire pour parcourir les sept kilomètres qui nous séparent du Boeing 777 destiné à redécoller dans trois heures. L’appareil est arrivé à 6h ce matin et ne pouvait pas rester à la porte jusqu’au prochain vol. Il a donc été déplacé dans un « parking » XXL avec d’autres de ses congénères. Ici, on y fait le ménage de fond en comble, on dépose les trousses de toilette, couvertures et casques antibruit et on charge les repas. C’est Servair qui prépare les plateaux en fonction de l’identité et des commandes de chaque compagnie, avant de les livrer directement à la porte de l’avion. L’occasion pour Amanda Rondot de nous présenter la business avec ses sièges full flat et la première classe aux cabines plutôt spacieuses. Deux classes sur les quatre proposées par la compagnie (on y ajoute l’economy et l’economy premium ) qui, si elles font le plein, rentabilisent le vol.

La business class dans un Boeing 777 de Cathay Pacific.
La business class dans un Boeing 777 de Cathay Pacific. Christian Fournier

Et viens le moment que l’on attend tous fébrilement : l’entrée dans le cockpit pour le tractage jusqu’à la porte A40. Il reste un peu moins de deux heures avant le décollage. Le tracteur d’avion, minuscule engin, fait son office pendant que, retombés en enfance, on fixe chaque commande et chaque écran du cockpit vintage et iconique du Boeing 777. C’est Benoît Auger, ingénieur formé par la compagnie et basé à CDG – comme tous ceux qui opèrent ici pour les vols Cathay à l’exception du personnel qui s’occupe de l’enregistrement et du chargement des bagages – qui tient les manettes et change frénétiquement de fréquences radio, prévenant de l’arrivée imminente de l’appareil à la porte sifflant des « roger » et des « alpha » comme on récite une leçon.

Le mythique cockpit du triple 7. Sur les écrans, le tracteur qui déplace l’avion jusqu’à la porte.
Le mythique cockpit du triple 7. Sur les écrans, le tracteur qui déplace l’avion jusqu’à la porte. Christian Fournier

Avant chaque vol Cathay Pacific, un ballet millimétré

L’avion est à bon(ne) port(e). L’embarquement n’a pas encore commencé, les bagages et marchandises seront les premières à monter à bord. Là encore, ça fourmille sur le tarmac, et Jack George, Manager on duty, l’un des 33 600 employés Cathay dans le monde, est aux commandes. Sur un porte-bloc, son plan de chargement. C’est la compagnie elle-même qui l’a élaboré et généralisé à toutes ses escales. Dans le triple 7, on trouve deux soutes pour cinq compartiments et trois portes. Les valises sont disposées en fonction de l’ordre dans lequel elles seront délivrées. Pour les passagers dont la destination finale est Hong Kong : première classe, affaires et éco. Ensuite, pour ceux qui ont une correspondance à attraper, les bagages sont triés en fonction de l’urgence avec laquelle ils devront sortir de la soute. D’abord ceux dont les propriétaires ont une escale de moins de 75 minutes, puis entre 75 et 120 et enfin plus de 120. Une organisation au millimètre.

A l’intérieur d’une des deux soutes, prêtes à accueillir plus de six tonnes de bagages et 20 tonnes de marchandises.
A l’intérieur d’une des deux soutes, prêtes à accueillir plus de six tonnes de bagages et 20 tonnes de marchandises. Christian Fournier

Pourtant, tout se fait dans le plus grand calme. Un véritable ballet à s’en casser la nuque. Une fois le plein effectué – presque une centaine de tonnes de carburant en à peine une heure – L’équipage prend place à bord de l’appareil, puis c’est au tour des passagers, certainement plus stressés que tout le personnel qui s’est affairé pour préparer leur avion, près de 20 personnes mobilisées pour un CDG – HKG. C’est le moment pour nous d’aller assister au décollage (l’un des 176 000 annuels de la firme et ses filiales) sans encombre et on time du vol CX260 depuis le lounge Cathay Pacific et sa vue panoramique. L’avion sera resté au sol pendant un peu moins de sept heures, conformément à la règle de la compagnie. En effet, chaque avion de Cathay, pour être rentable, doit passer 17 heures sur 24 dans les airs.

Avant de nous quitter, Amanda Rondot nous confirme les nouvelles destinations de la compagnie en 2018, Dublin, Bruxelles et Copenhague qui porteront le total des escales desservies par Cathay Pacific à 198. Et, pas peu fière, elle nous confie également la livraison depuis peu et au compte-goutte – environ un par mois – des 30 Airbus A350 achetés en 2010 pour six milliards d’euros.

Prix d’un vol Paris – Hong Kong en aller / retour avec Cathay Pacific

Avion Cathay Pacific.

Classe Economy à partir de 620 €

Classe Economy Premium à partir de 1 599 €

Classe Affaires à partir de 3 110 €

www.cathaypacific.com