Matthieu Colin

MCC Eden, la célèbre Méhari devient électrique à Cassis

Pour toute une génération, elle reste le symbole de la liberté. Construite entre 1968 et 1987, la Citroën Méhari a presque déserté nos routes. A Cassis, près de Marseille, une entreprise perpétue son histoire. Une affaire de passion, mais aussi de raison. La fée électrique vient même de se pencher sur son berceau.

Bonus écologique

En effet, si l’Eden reprend une grande partie des constituants de la Méhari, un élément majeur se montre toutefois bien différent. « Le châssis, dans ses parties avant et centrale, est similaire aux deux modèles, explique Stéphane Wimez. Seule la partie arrière change : nous avons conçu un caisson spécifique incorporant les batteries. Ces dernières se composent de 32 cellules au lithium-fer-phosphate, un système éprouvé, fiable, et qui permet de bénéficier du bonus écologique. » Tout comme le moteur ! « Il s’agit d’un moteur utilisé depuis longtemps dans différentes applications et qui est sûr, reprend le dirigeant. Nous sommes une petite entreprise, mais nous utilisons des solutions viables qui ont déjà fait leurs preuves. »

MCC assure la préservation des modèles de Méhari existants.
MCC assure la préservation des modèles de Méhari existants. Matthieu Colin

Outre ce caisson « réservoir » et le moteur, les trains roulants, les freins, le volant, la direction et de nombreuses pièces, comme les célèbres roues pleines à trois goujons, restent identiques. « A une anecdote près, signale Édouard Chapert : la boîte de vitesses ! Nous avons bien sûr conservé la canne de sélection au tableau de bord. Mais nous avons supprimé plusieurs rapports de vitesse pour ne conserver que le troisième. Sur nos prototypes de test, nous avions gardé la boîte classique à quatre rapports. Mais, à l’usage, nous nous sommes aperçus que nous roulions toujours en troisième. Quant à la marche arrière, elle est assurée par un inverseur moteur. »

MCC produit des pièces détachées certifiées avec le cahier des charges d’origine.
MCC produit des pièces détachées certifiées avec le cahier des charges d’origine. Matthieu Colin

Méhari ou Eden, bien difficile ainsi de les différencier, sinon à l’oreille, bien sûr. L’Eden propose un usage identique, certes à l’autonomie limitée à environ 90 km pour une charge pleine de 3 h 30. Un potentiel bien suffisant pour les usages quotidiens. « Nous envisageons de proposer un pack supplémentaire pour atteindre 120 kilomètres. Mais, en observant les usages des propriétaires de Méhari, les 90 km suffisent amplement pour les besoins quotidiens avant recharge », précise Édouard Chapert. De quoi s’évader en toute liberté, cheveux au vent, avec pour seul ronflement, la chorale paradisiaque des cigales. Quel pied !