Matthieu Colin

MCC Eden, la célèbre Méhari devient électrique à Cassis

Pour toute une génération, elle reste le symbole de la liberté. Construite entre 1968 et 1987, la Citroën Méhari a presque déserté nos routes. A Cassis, près de Marseille, une entreprise perpétue son histoire. Une affaire de passion, mais aussi de raison. La fée électrique vient même de se pencher sur son berceau.

Méhari Club de Cassis, le grand coup de fouet

La petite entreprise de restauration prend alors une tout autre envergure. Elle s’installe sur un site de 5 hectares, en lisière de Cassis, qui regroupe un atelier de montage de véhicules et de restauration, un atelier de sellerie et le stockage et la vente de pièces détachées. Pas moins de 40 personnes œuvrent là. Tandis que sur un autre site, à Carnoux (à deux pas, sur la route d’Aubagne), huit personnes s’attellent à la ferronnerie pour la fabrication de plates-formes et du moulage de pièces de carrosserie. Le petit atelier de passionnés un peu dingues devenu véritable PME est finalement racheté en 2013 par deux entrepreneurs, Stéphane Wimez et Julien Vagner. Leur objectif affiché : donner un grand coup de fouet à l’entreprise. Dès leur arrivée, les projets fusent. Avec une évolution majeure sur la Méhari : le développement d’une version électrique. « Nous avons rencontré un ancien ingénieur de PSA qui a travaillé sur les Mini Moke. Vous savez ? Ces petits pick-up tout terrain anglais, explique Stéphane Wimez. Avec lui, nous avons évoqué une version électrique de la Méhari et nous nous sommes lancés rapidement sur le projet Eden. »

Toute l’activité du 2CV Méhari Club de Cassis tourne autour de trois modèles : les 2CV les Méhari et les Dyane, qu’il rénove commercialise et distribue, et pour lesquels il fabrique les pièces de rechange.
Toute l’activité du 2CV Méhari Club de Cassis tourne autour de trois modèles : les 2CV les Méhari et les Dyane, qu’il rénove commercialise et distribue, et pour lesquels il fabrique les pièces de rechange. Matthieu Colin

Pour MCC et sa nouvelle société dédiée MCC Automotive, pas question de révolutionner le milieu de l’auto électrique. « Dès l’origine, nous avons planché sur un programme avec une fabrication en quantité limitée, et réalisable, dans un premier temps, au sein de nos ateliers, prévient Julien Vagner. De surcroît, un maximum de pièces sont issues de la Méhari pour ne pas avoir trop à en produire de nouvelles. » Environ 18 mois – seulement – et plusieurs prototypes plus tard, la version finale est homologuée. « Nous avons présenté l’Eden lors du salon Rétromobile 2016 alors que nous venions tout juste d’obtenir son homologation ! s’amuse Édouard Chapert, le responsable commercial de MCC. Mais nous sommes restés prudents. Nous avons opté pour une année de tests de roulage. Il fallait fiabiliser le véhicule avant son lancement et bien préparer notre réseau. C’est ce qui nous a permis de lancer la commercialisation de l’Eden à l’occasion de Rétromobile 2017. » La fiabilité et la qualité demeurent donc des priorités pour MCC. « Nous avons, depuis longtemps, une image de sérieux, de qualité et de durabilité, reprend Stéphane Wimez. Nous devions garder les pieds sur terre avec l’Eden. L’entreprise réalise la rénovation ou la reconstruction d’environ 60 véhicules par an, avec un savoir-faire réputé dans toute la France. Une Méhari reconstruite chez nous représente près de 90 % de pièces neuves, d’origine, et nous la garantissons deux ans. »

Outre le caisson réservoir et le moteur, d’autres éléments sont identiques à la Méhari, comme les trains roulants, les freins, le volant, la direction…
Outre le caisson réservoir et le moteur, d’autres éléments sont identiques à la Méhari, comme les trains roulants, les freins, le volant, la direction… Matthieu Colin

Pourtant, cette activité ne représente qu’une petite partie du chiffre d’affaires de MCC. « 10 % seulement, précise Julien Vagner. Le reste est réalisé par la vente de pièces de rechange. » Avec ce projet Eden, MCC ne compte pas bousculer ses acquis. « Nos prévisions de vente d’Eden sont de 10 unités pour cette année dans sa série limitée toutes options, conçue spécialement pour le lancement, précise Édouard Chapert. Pour 2018, nous visons 50 Eden, car nous savons que nous pourrons les fabriquer ici, au sein de l’atelier. Au-delà de ce chiffre, il nous faudrait une nouvelle unité de production. »

L'Eden en 10 points

  • Catégorie : L7E, véhicule électrique quadricycle lourd à moteur (15 kW maxi).
  • Permis : B1, à partir de 16 ans.
  • Usage : routes, sauf autoroutes et voies rapides.
  • Autonomie : 90 km environ (130 km relevés pour l’homologation).
  • Durée de charge à 100 % : 3 h 30.
  • Charge : sur prise secteur classique 10 A.
  • Vitesse maxi : 80 km/h (comme une Méhari, c’est suffisant).
  • Poids : 448 kg hors batterie (535 kg pour la Méhari hors plein).
  • Options : bâches, sellerie, coloris, jantes, coffre de malle, tapis jonc de mer.
  • Prix : série limitée 2017, 28 000 € (bonus écologique de 1 000 € déduit), version de base : 23 900 € (bonus déduit).