Studio Roosegaarde

Avec le Smog Free Project, Daan Roosegaarde fait le pari de l’air pur

Des vélos qui nettoient l’air autour d’eux ou une tour qui transforme le brouillard en bijoux, Daan Roosegaarde met l’inventivité du Dutch design au service de l’environnement. De Rotterdam à Tianjin en passant par Pékin, il s’est lancé un (immense) défi : offrir de l’air pur aux citadins.

Et si les cyclistes avaient le pouvoir de changer le monde ? C’est ce que pense Daan Roosegaarde, l’un des maîtres de la nouvelle génération du Dutch design. Il a annoncé, en collaboration avec le gouvernement chinois, un nouveau concept pour purifier l’air le plus pollué du monde : celui des grandes agglomérations chinoises. Le principe est simple, équiper des vélos de filtres qui captent le smog contenu dans l’atmosphère et le rejeter propre, créant ainsi des purificateurs d’air ambulants.

Le tout aidé par l’essor incroyable des programmes de partage de bicyclettes, comme Ofo ou Mobike, qui à lui seul revendique un million de vélos. Un projet ambitieux, sur lequel les autorités misent énormément.

Les Smog Free Bikes pourront-ils changer la donne ?
Les Smog Free Bikes pourront-ils changer la donne ? Studio Roosegaarde

Roosegaarde imagine aspirateurs géants et bagues en crasse

Ces biclous qui prennent l’air (au sens propre), ne sont que le dernier concept d’un projet plus grand : le Smog Free Project. Tout commence en 2013 lorsque Roosegaarde, en voyage à Pékin, est exaspéré de devoir rester enfermé, avec ses enfants, dans sa chambre d’hôtel. En regardant par la fenêtre cette skyline dévorée par la pollution, il prend ses crayons et commence sa réflexion. De retour à Rotterdam il travaille sur un projet de purificateur d’air XXL et en 2015, il inaugure sa Smog Free Tower de 7 mètres, financée par une opération de crowdfunding.

Son aspirateur au design rétro-futuriste nettoie, grâce à une technologie ionique brevetée, 30 000 m³ d’air par heure, en utilisant la même quantité d’électricité (verte) qu’une bouilloire. Certes, ce procédé ne sert qu’à créer une bulle d’oxygène dans un périmètre très limité autour de l’engin, mais le but est surtout de sensibiliser et prouver aux autorités que le smog n’est pas une fatalité. Original, la poussière récoltée est utilisée par le designer pour créer des bijoux qu’il revend ensuite pour auto-financer ultérieurement son projet.

La vidéo de présentation du projet Smog Free

Une fois sa tour opérationnelle, Roosegarde n’oublie pas là où tout a commencé. Il retourne ainsi à Pékin, son purificateur d’air dans les bagages. En septembre 2016, il est installé dans la capitale chinoise et très vite sa tour est prise d’assaut par les badauds. Si elle est moins efficace qu’à Rotterdam (la pollution est bien plus forte à Pékin), et rend sceptique certains scientifiques locaux, elle arrive néanmoins à purifier 55 % de l’air qui y entre.

La Smog Free Tower séduit alors le gouvernement chinois, et en mai dernier, c’est à Tianjin qu’elle s’installe. Là encore, c’est un succès. Et du côté du studio Roosegaarde on nous l’assure, les partenaires chinois de la firme ont prévu d’en construire d’autres pour les installer dans les plus grandes villes du pays.

Schema du fonctionnement de la Smog Free Tower

 

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