Le festival international de Bergen démarre le 24 mai, pour durer jusqu’au 7 juin. Au menu, de la danse, du théâtre, de l’art contemporain et de la musique. Une spécialité de la deuxième ville de Norvège, qui a vu éclore le fleuron de la scène pop du pays. C’est ici que l’on vient pour admirer les fjords, partir en croisière ou visiter une cité typiquement scandinave. La oss gå !

C’est parti pour 15 jours au rythme des arts en tout genre à Bergen ! Avec 100 000 visiteurs en moyenne par an, 250 performances réparties sur 20 lieux à travers la ville, le Festspillene i Bergen est l’un des plus importants de la région arctique. Opéra, musique, théâtre, danse, expositions… On pourra y apercevoir le pianiste Charlie Albright ou la chanteuse de jazz Sinne Eeg, mais aussi l’opéra La Passion de Simone, retraçant la vie de Simone Weil. Autant que les représentations, ce sont les lieux qui passionnent. Tout Bergen est mis à contribution, du bar Apollon au musée KODE en passant par la bibliothèque nationale. Notre préféré, le Grieghallen, une salle de concert de fer et de verre sortie de terre en 1978 aux multiples vies : de l’Eurovision en 1986 à lieu de pèlerinage pour la scène heavy metal.

Le Grieghallen, l’un des 20 lieux choisis par le festival international de Bergen.
Le Grieghallen, l’un des 20 lieux choisis par le festival international de Bergen. Rachel H.

Malgré une popularité grandissante, constatée par les hôteliers de la région (voir notre interview de Kjetil Smørås), le festival souffre encore de quelques clichés. Centré sur la musique classique, qu’il souhaite rendre grand public sans abuser de vulgarisation, il est encore considéré par certains locaux comme trop « guindé ». Une image qu’Anders Beyer, CEO et directeur artistique, fait tout pour changer. Le prix d’abord. Le ticket d’entrée ne dépasse jamais les 85 €. Et pour les jeunes (moins de 30 ans), cible prioritaire, le tarif n’excède jamais les 15 €. Une politique pour faire mouche au sein de toutes les couches de la société berguénoise. Idem pour le code vestimentaire, qui tient en une phrase : « come as you please ». On ne peut plus clair.

 

Bergen, ville de tous les arts

Le festival de Bergen n’est qu’une partie de l’iceberg artistique sur laquelle la ville s’est construite. Du violoniste Ole Bull au XIXe siècle, à une scène black metal mondialement reconnue, Bergen est surtout une ville de musique(s). La percée la plus récente sur la scène mondiale est sans aucun doute la Bergen Wave. Au milieu des années 2000, ce mouvement musical prend d’assaut le paysage musical norvégien. Des groupes pullulent alors, certains – comme les Kakkmaddafakka, Sondre Lerche ou Röyskopp – percent même à l’international. Pourquoi ? Erlend Øye, tête de gondole du mouvement, l’expliquait à The Good Life en 2015 : « Il pleut 200 jours par an ici, les activités d’intérieur sont primordiales et la musique y est devenue un secteur florissant ». On comprend mieux pourquoi Bergen, surnommée « ville de la pluie » en Norvège, est aussi celle qui produit le plus d’artistes… Et pourquoi Erlend Øye habite aujourd’hui en Sicile !

Erlend Øye, l’un des pionniers de la Bergen Wave.
Erlend Øye, l’un des pionniers de la Bergen Wave. Emilie Eelbode

L’art fait partie de l’identité de Bergen…

Réparti sur cinq sites, le musée KODE (à retrouver dans nos Good Spots) en est le parfait exemple. Avec un peu plus de 270 000 habitants, le nombre de galeries est ici impressionnant. On en compte une quinzaine rien que dans le quartier trendy de Bryggen aux maisons pastel et classé depuis 1980 au patrimoine mondial de l’Unesco.

Le bâtiment N°4 du musée KODE.
Le bâtiment N°4 du musée KODE. DR

…Et s’exporte aussi sur les murs

Bergen est en effet le premier lieu d’expression de Dolk, le plus influent des artistes urbains du Royaume. Mieux, au début de la décennie les autorités ont investi dans un programme qui encourage la pratique du street art en créant des espaces dédiés. Ici, on a peur, très peur, que les jeunes s’ennuient…

 

Fjords et projets très urbains

Le tourisme en Norvège augmente chaque année. Selon les chiffres de l’office du tourisme national, le pays enregistrait 4 % de nuits supplémentaires en 2015 par rapport à 2014. Une augmentation encore plus forte chez les touristes étrangers, 3,6 millions, qui étaient 12 % de plus. Une étude de la compagnie publique pour le développement du tourisme Innovation Norway mettait en lumière la même année que les mots clés qui revenaient le plus lorsque l’on évoquait le tourisme dans le pays étaient fjord, nature et montagne. Trois segments sur lesquels Bergen surfe, sans trop forcer. Les fjords les plus célèbres de Norvège, les sept monts qui l’entourent et son statut de capitale nationale de la pêche, la placent parmi les poids lourds du tourisme dans la région. Les croisières, qui ont de plus en plus de succès, surtout dans l’Arctique, passent très souvent par le gigantesque port de Bergen. Même tendance chez les voyagistes qui incluent de manière récurrente la ville dans leurs circuits scandinaves.

Le mont Ulriken, le plus haut de Bergen.
Le mont Ulriken, le plus haut de Bergen. DR

Mais Bergen c’est aussi un environnement urbain.  Beaucoup de bois, dans le centre-ville notamment, restes des traditions de l’époque hanséatique. Des constructions qui ont façonné bien malgré elles le visage de la ville. Les incendies, fréquents, ont obligé les urbanistes à repenser les routes et passages pour éviter des propagations trop rapides des flammes, les Allmenning. Le plus célèbre est le Torgallmenningen.

Bergen sait aussi accueillir des bâtiments plus contemporains, comme son centre d’affaires les pieds dans l’eau, aux buildings pyramidaux ou le Fish Market d’Eder Biesel, sorte de conteneur stylisé sorti de terre en 2012 et bien entendu le Grieghallen précité… Plus récemment, une pépite a fait son apparition dans le nord de la ville : le Tubakuba. Un refuge de montagne minuscule percé d’un cylindre et tout en bois, qui offre une vue extraordinaire sur Bergen. Enfin, un projet audacieux proposé par MAD Arkitekter pourrait transformer intégralement la silhouette des docks en les transformant en quartier moderne et écolo. Wait and see

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