Pojazdy Szynowe Pesa Bydgoszcz est un mastodonte de la construction de trains, trams et locomotives en Pologne qui, malgré ses 160 ans d’existence, a réussi à négocier le virage des années 2000. Comment ? En s’exportant.

Le 27 avril dernier à Varsovie, Tomasz Zaboklicki, président du conseil d’administration de Pesa, avait le sourire. Et pour cause, son entreprise venait d’officialiser la livraison de son premier train Link – sur 50 prévus – à Polregio, société de transport privée concurrente du PKP, l’équivalent de la SNCF en Pologne. Pesa est habituée à ce type de deals. Au début du printemps elle signait un contrat à 33 millions d’euros pour la construction de 12 tramways qui desserviront l’agglomération de Lodz, la troisième ville du pays.

L’histoire de l’entreprise commence en 1851. Créée par le royaume de Prusse pour la réparation des véhicules sur rails, elle s’appelle alors ZNTK et explose pendant la révolution industrielle. La superficie dédiée aux entrepôts et usines se multiplie par 20 en 50 ans ! En 1991, deux ans après la chute du communisme, le groupe est au bord de la faillite, sauvé de justesse par un fonds d’investissement gouvernemental. La situation ne s’améliore qu’en façade, avant qu’en 2001 Tomasz Zaboklicki ne rachète ZNTK pour fonder Pesa, qui passe du public au privé. Il décide dès son arrivée de diversifier l’activité de l’entreprise, en créant un pôle construction. La première grosse commande arrive en 2009 : 186 tramways pour équiper Varsovie, livrés entre 2010 et 2013, à l’occasion de l’Euro de Football. Un projet à 230 millions d’euros.

Tomasz Zaboklicki, l’homme providentiel de Pesa.
Tomasz Zaboklicki, l’homme providentiel de Pesa. Pesa

La clé du succès de Pesa ? Des trains qui séduisent par leur design et leur ergonomie, comme les tramway Swing (le best-seller de l’entreprise) mais aussi les innovations qu’ils contiennent. Ainsi à l’intérieur du train Link les voyageurs peuvent utiliset le Wi-Fi et des écrans d’informations intuitifs. Efficacité, prix abordables, livraisons clé-en-main, la recette idéale pour séduire les agglomérations des pays d’Europe centrale et de l’Est.

Pesa, la reconnaissance internationale

Autre défi de taille, l’international. En 2004 Pesa livre, pour la première fois hors de ses frontières, en Ukraine. Suivront l’Italie, l’Allemagne et la Russie. Aujourd’hui, les trains et trams Pesa sont présents dans 12 pays, dont la majorité fait partie de l’ex-URSS. Un développement rendu possible par un positionnement stratégique osé. Pour se faire un nom, Pesa mise sur des villes moyennes (comme Bari et Brescia en Italie ou Szeged en Hongrie). Pari réussi ! En 2013, Pesa signe pour 120 tramways à Moscou et 20 à Sofia, la capitale de la Bulgarie, et change de dimension.

Les trams Pesa ont tous le nom d’un style de musique, ici le Twist.
Les trams Pesa ont tous le nom d’un style de musique, ici le Twist. Pesa

Des commandes en série qui boostent la croissance du groupe. En 2014, après un exercice à 722 millions d’euros de chiffre d’affaires, c’est la consécration. Pesa est récompensé par le Financial Times pour son « audace entrepreneuriale », alors qu’elle était en compétition avec Twitter, Airbnb et Uber !

Une ascension irrésistible qui n’est pas prête de s’arrêter. Conscients de l’importance de l’équipe de designers, ingénieurs et concepteurs dans le succès de l’entreprise (ils sont 300 sur 3 800 salariés du groupe), les dirigeants de Pesa ont investi au printemps 2016 plus d’un million d’euros dans un nouveau centre de recherche et développement.

L’Acatus Plus, dernier né de chez Pesa.
L’Acatus Plus, dernier né de chez Pesa. Pesa

 

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