La CEO qui a réveillé Lancel, un chasseur de pépites chez Tumi, celui qui se cache derrière la réussite de Longchamp et un directeur général qui mise sur les jeunes pour faire redécoller la griffe Le Tanneur. Ils sont tous à la tête d'entreprises ou de départements clés dans le secteur du bagage. Ils ont des têtes bien faites et des idées qui font bouger les lignes.

Jean Cassegrain, il fait prospérer Longchamp

Son physique de héros de Maupassant ne dit pas forcément l’audace dont a su faire preuve celui qui est à la tête de Longchamp (@longchamp). Pas facile, au départ, pour Jean Cassegrain, de porter les mêmes nom et prénom que son grand‑père, dynastique fondateur de Longchamp, et d’avoir pour père cet autre génial intuitif, Philippe Cassegrain, auteur du fameux Pliage, en Nylon serti de cuir, un it-bag best-seller qui, aujourd’hui encore, pèse plus de la moitié du chiffre d’affaires à lui seul ! Mais l’individualisme n’est pas inscrit dans les gènes de la famille (sa sœur et ses deux frères occupent des postes clés) qui, depuis trois générations, veille à faire marcher l’une des rares écuries familiales du luxe, indépendantes et non cotées en Bourse, et dont la prospérité fait plus qu’envie à ces grands groupes qui rêveraient de la voir tomber dans leur gousset. Épris de « luxe optimiste », Jean Cassegrain, amateur d’art contemporain (dont il fait profiter ses employés, au siège), n’a pas hésité à confier l’image de Longchamp à Kate Moss, et encore moins à ouvrir une superbe boutique‑écrin de 50 m2 sur les Champs‑Élysées !

Jean Cassegrain, à la tête de Longchamp.
Jean Cassegrain, à la tête de Longchamp. DR

 

Jean Clenet, il veut mettre les jeunes dans sa poche

Cet ingénieur de formation, directeur général de Le Tanneur (@letanneur_official) depuis 2012, a pour mission délicate de faire redécoller cette entreprise, dont le premier gros point faible est de réaliser 90 % de son chiffre d’affaires en France. Le business‑modèle de cette griffe en mal de reconnaissance planétaire n’est pas banal : d’un côté, une fabrication 100 % française d’accessoires très haut de gamme (la moitié de son chiffre d’affaires) à destination des plus grandes maisons de luxe ; de l’autre, une signature Le Tanneur, qu’il s’agit désormais de booster via une stratégie aux allures de cure de jouvence. Place à cette « ingenious » griffe qui s’en va séduire les 18-30-ans, ces hyperactifs en quête de produits astucieux et pratiques à prix abordable. « Avec le concours du designer français Christophe Pillet, nous lançons un nouveau concept de boutiques esthétiques et modulables, annonce Jean Clenet. Tout en boostant nos ventes Internet sur le marché chinois. » Tout cela suffira-t-il à convaincre le fonds Qatar Luxury Group, propriétaire de Le Tanneur depuis 2011, de lui donner le coup de pouce financier qu’une telle relance implique ?

Jean Clenet, directeur général de Le Tanneur.
Jean Clenet, directeur général de Le Tanneur. DR

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