Anish Kapoor à Rome, Wolfgang Tillmans à Londres, Adel Abdessemed à Montréal... D’un bout à l’autre de la planète, les créateurs d'art contemporain n’en finissent pas de nous interpeller. Avec force et talent.

Rome – Dans l’antre de Kapoor

Si la force d’une œuvre se mesure à l’ampleur – parfois violente – des réactions qu’elle suscite, alors celle d’Anish Kapoor, sculpteur britannique né en 1954, est l’une des plus intenses. En témoigne l’exposition du MACRO, qui rassemble des séries de reliefs et de sculptures monumentales de l’artiste, illustrant ses recherches sur la matière, la couleur et la forme depuis ses débuts dans les années 80. Sensuelles, presque viscérales, les œuvres de Kapoor jouent sur la perception en opposant le plein et le vide, le brillant et l’opaque, les formes concaves et convexes, le lisse et le rugueux. En résulte une impression parfois vertigineuse, toujours fascinante et intrigante. Emblème saisissant du travail de l’artiste, l’écarlate Sectional Body Preparing for Monadic Singularity (photo) dialogue brillamment avec l’architecture du musée.

« Sectional Body Preparing For Monadic Singularity », Anish Kapoor, 2015.
« Sectional Body Preparing For Monadic Singularity », Anish Kapoor, 2015. Anish Kapoor

Anish Kapoor
MACRO
Jusqu’au 17 avril.

www.museomacro.org

 

Londres – Le monde selon Tillmans

Après s’être fait connaître dans les années 90 par ses photographies, Wolfgang Tillmans a multiplié les moyens d’expression. Mieux : il a entrepris une pratique interdisciplinaire, explorant toutes les possibilités offertes par les technologies numériques et analogiques. L’exposition de la Tate Modern montre ses travaux des douze dernières années, mêlant photo, vidéo, projection d’images, musique enregistrée, publications… avec toujours le même intérêt pour les questions sociales et politiques. Mais l’exposition n’occulte pas pour autant d’autres aspects du travail de l’artiste : de superbes portraits, paysages et natures mortes, aux accents parfois plus intimistes, sont également présentés au public.

« Astro Crusto », Wolfgang Tillmans, 2016.
« Astro Crusto », Wolfgang Tillmans, 2016. Wolfgang Tillmans

Wolfgang Tillmans
Tate Modern
Jusqu’au 11 juin.

www.tate.org.uk

 

Paris – Tout Cy Twombly

Il fut l’un des liens les plus forts entre l’art américain et la culture européenne : né aux États-Unis, Romain de cœur et d’adoption, Cy Twombly a marqué l’histoire de la peinture en opérant une forme de synthèse entre l’expressionnisme abstrait et l’art de la vieille Europe, n’hésitant pas à aller puiser aux sources de l’Antiquité méditerranéenne. La rétrospective du Centre Pompidou, la plus importante jamais organisée en France, fait donc figure d’événement. Avec plus de cent quarante peintures, sculptures, dessins et photographies, elle retrace le parcours unique de l’artiste, articulé autour de trois grands cycles : Nine Discourses on Commodus, Fifty Days at Iliam et Coronation of Sesostris, qui sont les reflets de sa fascination pour l’archéologie.

« Blooming », Cy Twombly, 2001-2008.
« Blooming », Cy Twombly, 2001-2008. courtesy Archives Fondazione Nicola Del Roscio

Cy Twombly
Centre Pompidou
Jusqu’au 24 avril.

www.centrepompidou.fr

 

Montréal – Abdessemed, violence et passion

Il est l’un des artistes d’aujourd’hui les plus controversés, au point d’être parfois censuré : Adel Abdessemed et ses œuvres reflétant la violence du monde ne laissent pas indifférent. « Je me suis construit dans la férocité », affirme l’artiste, qui a quitté son Algérie natale après l’assassinat du directeur de l’école des Beaux-Arts où il étudiait. Avec Mon enfant, sculpture inspirée d’une photographie de la rafle du ghetto de Varsovie par les SS, et Cri, transposition en trois dimensions de la photo de Kim Phuc –  la « Napalm Girl » fuyant les bombardements pendant la guerre du Viêtnam –, le musée de Montréal veut aussi montrer un autre aspect de son travail, inspiré des grands maîtres du passé, et sans doute plus complexe qu’il n’y paraît.

« Cri », Adel Abdessemed, 2013.
« Cri », Adel Abdessemed, 2013. Dylan Perrenoud

Adel Abdessemed : Conflit
Musée des Beaux-Arts de Montréal
Jusqu’au 7 mai.

www.mbam.qc.ca

 

Zurich – L’art en circuit court

À l’heure de la mondialisation, le « local » serait-il le seul espace où tout redevient possible ? C’est la question que pose cette exposition, convoquant des artistes du monde entier, de Sarnath Banerjee à Piotr Uklanski, et des modes d’expression variés, de l’activisme à l’archivisme, de la photographie au documentaire.

Piotr Uklanski à l’exposition « SPeak, Lokal », Kunsthalle, à Zurich.
Piotr Uklanski à l’exposition « SPeak, Lokal », Kunsthalle, à Zurich. Piotr Uklanski

SPeak, Lokal
Kunsthalle
Jusqu’au 7 mai.

www.kunsthallezurich.ch

 

 

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