Trois questions à Alice Black, outstanding co-directrice du Design Museum de Londres

The Good Life a rencontré la moitié du cerveau business du nouveau hub culturel en train de révolutionner le quartier de Kensington. C’est aussi grâce à son dévouement assidu que le Design Museum a pu attirer plus de 260 000 visiteurs depuis son ouverture en novembre 2016.

Avec un diplôme de l’école de commerce française ESSEC dans les poches, Alice Black fait ses premiers pas dans la finance à New York avant de s’installer définitivement en Angleterre. Cela fait désormais dix ans qu’elle orchestre cet ambitieux déménagement de musée, dont l’inauguration a été sa plus grosse satisfaction professionnelle. Elle partage avec nous ses impressions sur la relation entre le nouveau hub culturel et le riche quartier dans l’Ouest de Londres qui l’accueille.

Alice Black, co-directeur du Design Museum, orchestre ce projet ambitieux au cœur de Kensington depuis 2007.
Alice Black, co-directeur du Design Museum, orchestre ce projet ambitieux au cœur de Kensington depuis 2007. Phil Sharp

The Good Life : Quelle a été votre implication personnelle dans le renouvellement de ce hub culturel qui mise à transformer le quartier ? 

Alice Black :  Travailler à l’ouverture d’un musée a été un voyage extraordinaire, qui continue sans cesse depuis désormais dix ans. Une opportunité de ce type n’arrive qu’une fois dans la vie ! Concrètement, je m’occupe de la gestion du musée sous un point de vue financier. Vous savez, nous sommes une association caritative et nous recevons peu de subventions gouvernementales. Actuellement, je suis en train de définir la programmation pour la saison 2018-2019 et parallèlement je supervise les projets à venir en 2017, tels qu’une exposition sur l’impact du design en Californie prévue pour le mois de mai, et une autre organisée en partenariat avec Cartier, dont le commissaire est Norman Foster, qui s’annonce assez spectaculaire.

L’intérieur du Design Museum, le plus grand accomplissement professionnel d’Alice Black.
L’intérieur du Design Museum, le plus grand accomplissement professionnel d’Alice Black. Hufton+Crow

TGL : Comment partagez-vous la charge de travail avec Deyan Sudjic, votre pendant à la co-direction du musée ?

A. B. : J’ai rejoint le Design Museum en octobre 2007, au même moment que Deyan Sudjic. Notre brief était d’aider le musée à grandir, de lui donner une plus grande envergure dans un quartier déjà très riche en culture. Deyan, qui vante une profonde connaissance en matière d’architecture et design, et moi fonctionnons comme les deux moitiés d’un cerveau.  Ensemble, nous atteignons un équilibre à la fois intellectuel et économique qui a fait le succès du musée. Depuis son ouverture, en trois mois seulement, le musée a accueilli plus de 260 000 personnes. Nous travaillons pour que ce chiffre augmente de manière exponentielle. 

L’extérieur du musée, aux bordures de Holland Park.
L’extérieur du musée, aux bordures de Holland Park. Luke Hayes

TGL : Quel sera l’impact du Design Museum sur le développement du quartier ?

A.B. : Aujourd’hui, la Kensington High Street et ses alentours offrent beaucoup de boutiques et commerces, comme c’était le cas pendant les années 70 et 80. À cette époque par contre, ce district animé était habité par beaucoup d’artistes. Ils se baladaient au Holland Park et fréquentaient l’incontournable V&M, où la moins connue Leighton House, sorte de Musée Jacquemart-André local. Mais le prix de l’immobilier et les loyers ont très vite augmenté et les artistes ont dû l’abandonner. Le Design Museum donnera certainement une deuxième vie à ce quartier grâce à la nouvelle effervescence culturelle, les commerces en bénéficieront également. Par exemple, la librairie Waterstone, notre voisine, a augmenté son activité depuis notre inauguration. Des nouveaux concepts voient le jour les uns après les autres, j’ai entendu qu’un nails bar & café ouvrira dans les prochaines semaines. Pour l’instant, ce n’est que le début, mais je suis presque sûre que Kensington reviendra à ses old roots

 

Les Good Spots de Alice Black, à Kensington

Le restaurant Parabola.
  • Un petit déjeuner d’affaires : Je vais souvent à la Ivy Kensington Brasserie. J’y discute avec mes interlocuteurs dans une ambiance casual, où le design est aussi à l’ordre du jour.
  • La pause café : Quand je ressens le besoin de me concentrer sur mon travail et de m’éloigner pendant un moment du musée, mon refuge est le Café Phillies, sur Phillmore Gardens Street. Très cosy !
  • La pause déj’ : Il n’y a rien de plus simple que de monter au Parabola, le restaurant du musée : les plats sont délicieux et à un prix raisonnable avec vue sur Holland Park.
  • Petite balade : Quand la saison le permet, une balade à Holland Park, juste derrière le musée, c’est ce qu’il y a de mieux pour m’éclaircir les idées. C’est le parc le plus magnifique de Londres à mon avis.

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