Le quatuor de Jérusalem aborde le sommet de la littérature pour quatuor, les quatuors de Beethoven. Pour son altiste Ori Kam, chaque pièce est un challenge. Rencontre.

Après des disques consacrés notamment à Haydn, Chostakovitch, Dvorak, Schubert, Schumann, Smetana ou Janacek, le quatuor de Jérusalem se lance dans une nouvelle aventure : les quatuors de Beethoven. L’altiste Ori Kam nous explique comment cela a été possible.

The Good Life : Les quatuors de Beethoven sont‑ils l’Himalaya de la musique pour quatuor ?
Ori Kam : Tout est difficile dans la littérature pour quatuor. Chaque pièce est un challenge, qu’elle soit de Haydn, de Mozart ou de Beethoven. Mais si Haydn peut être considéré comme le « père » du quatuor, Beethoven a porté cette littérature à son apogée, avec une conception plus moderne et expérimentale.

TGL : Vous faites partie du quatuor depuis cinq ans. Vous avez remplacé Amihai Grosz, parti à l’orchestre philharmonique de Berlin. Comment s’est passée votre intégration ?
O. K. : C’est une question qu’on me pose fréquemment. D’autant que les trois autres musiciens du quatuor se sont connus sur les bancs de l’école. Ils sont nés dans l’ancienne Union soviétique et ne sont arrivés en Israël que dans les années 90. Et le quatuor a été fondé en 1993. Quoi qu’il en soit, cela s’est très bien passé pour moi dès le début. Mais j’ai mis environ deux ans à m’intégrer totalement sur le plan musical. Le quatuor avait bâti un immense répertoire que j’ai dû travailler. Quant à savoir si nous sommes devenus des « frères en musique », il m’est difficile d’y répondre. Quand on travaille, on voit surtout les points de désaccord, les innombrables détails sur lesquels on doit travailler sans relâche.

TGL : Pouvez-vous continuer à mener de front une carrière de soliste et votre activité au sein du quatuor ?
O. K. : L’alto n’est pas véritablement un instrument qui permette une carrière de soliste. Nous ne comptons que très peu d’œuvres concertantes au répertoire : la Symphonie concertante pour violon et alto, de Mozart, Harold en Italie, de Berlioz, le Concerto pour alto, de Bartok, ou quelques œuvres d’Hindemith. Parlons plutôt d’une carrière de chambriste. Et c’est exactement ce que le quatuor me permet d’assouvir, à quoi s’ajoutent d’autres projets.

TGL : Le quatuor à cordes est un ensemble très intime. Les salles de concert actuelles ne sont-elles pas trop grandes pour ce type de formation ?
O. K. : Le problème n’est pas tant la taille de la salle que son acoustique. Même dans une grande salle, l’acoustique peut sonner de manière intime. Ainsi, nous pouvons jouer aux Etats‑Unis dans des salles de 1 200 places à l’acoustique magique.

Ludwig Van Beethoven, String Quartets, op. 18, Jerusalem Quartet, Harmonia Mundi.

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