Ils sont tous économistes et proposent, chacun à sa manière, une nouvelle vision des enjeux à venir. The Good Life vous raconte comment Akinwumi Adesina, Esther Duflo et Jean Tirole changent le monde.

Esther Duflo : surdouée du sous-développement

Partout dans le monde, Esther Duflo est accueillie en Mozart féminin de l’économie. Peu de thésards ont vu, comme cette précoce khâgneuse d’Henri-IV, la crème des universités américaines se battre pour les recruter ! Mais l’économiste franco-américaine garde la tête froide, avec sa dégaine d’étudiante timide et une coupe aussi carrée que son esprit, dont la puissance rivalise avec une détermination sans faille.

En 2011, à l’âge de 37 ans, elle reçoit la médaille Clark. Quand d’autres esprits véloces s’escriment à faire fructifier des patrimoines bancaires déjà cossus, cette protestante sillonne la planète pour évaluer les actions de lutte contre la pauvreté, ce « faisceau de maladies » qu’il convient de « penser autrement ». Et de plaquer la sacro-sainte macroéconomie pour pister, sur le terrain, cette économie du travail génératrice de questions simples et utiles. Mère d’une fille de 3 ans, dont le père est l’économiste indien Abhijit V. Banerjee, lequel codirige aux côtés de sa compagne l’Abdul Latif Jameel Poverty Action Lab (PAL), dont il est l’un des fondateurs, Esther Duflo a soufflé ses conseils sur le développement mondial à l’oreille de Barack Obama…

Esther Duflo
Esther Duflo DR