Greygouar

La Chine numérique 1/4 : l'offensive de Shanghai et de ses licornes

La révolution numérique a deux champions : les Etats-Unis… et la Chine, dont les trois géants Baidu, Alibaba et Tencent (BAT) construisent des modèles économiques innovants. A Shanghai, deux écosystèmes constitués de start‑up étrangères dynamisent un entrepreneuriat plus que foisonnant.

Un modèle économique avancé

A Shanghai comme dans le reste de la Chine, les initiatives numériques peuvent ­compter sur plus de 800 millions d’internautes‑mobinautes dont l’appétence pour les usages du numérique assure à l’innovation un déploiement rapide. Un atout de poids pour atteindre une taille critique.

La vision de Jack Ma, le fondateur d’Alibaba, ouvre la voie au modèle économique qui fait la force des ­entreprises numériques chinoises. ­« ­L’e-commerce n’est pas un moyen simple de faire du shopping, mais un vrai mode de vie. » De fait, les Chinois peuvent aujourd’hui tout faire depuis une seule plate-forme numérique. La multiplication et l’intégration de nombreux services, dont celui, décisif, du paiement en ligne, génèrent de nouveaux revenus en permettant de monétiser l’audience.

Numérique, l’offensive de Shanghai et de ses licornes.
Numérique, l’offensive de Shanghai et de ses licornes. Greygouar

Dans les start-up, l’adaptabilité, l’agilité, le pragmatisme et la force de travail des entrepreneurs chinois font naître la rentabilité tant attendue du ­numérique. Interviewé par le magazine Wired, le fondateur de la start-up shanghaïenne XiaoHongShu, Charlwin Mao, compare l’approche chinoise à celle des Occi­dentaux : « Nous ne nous demandons pas si nous sommes un réseau social ou un site d’e-commerce. Nous cherchons seulement à répondre à la demande du consommateur… Nous monétisons notre offre beaucoup plus rapidement. »

Dans les incubateurs, de plus en plus nombreux à Shanghai, la règle du « 9-9-6 » (de 9 heures à 21 heures, 6 jours sur 7) est de mise. Sans doute, la concurrence féroce que se livrent les entreprises du numérique en Chine participe-t-elle à cet engagement total. Car si l’Etat chinois a tout mis en œuvre pour faciliter l’émergence de la nouvelle économie, c’est la loi du plus fort – d’inspiration très libérale, donc – qui ­domine le marché.