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La Chine numérique 1/4 : l'offensive de Shanghai et de ses licornes

La révolution numérique a deux champions : les Etats-Unis… et la Chine, dont les trois géants Baidu, Alibaba et Tencent (BAT) construisent des modèles économiques innovants. A Shanghai, deux écosystèmes constitués de start‑up étrangères dynamisent un entrepreneuriat plus que foisonnant.

Le boom de l’e-santé

L’écosystème numérique de Shanghai est donc foisonnant et présente une particularité : la coexistence de deux univers. Il y a celui des start-up étrangères, qui ciblent en général les grands groupes internationaux implantés à Shanghai, et celui des start-up chinoises.

Stéphane Monsallier, qui a créé sa start-up System in Motion en 2003, observe la montée en puissance rapide des acteurs chinois sur la scène numérique de Shanghai. « Jusqu’à présent, les deux écosystèmes fonctionnaient isolément. Aujourd’hui, des passerelles naissent et une nouvelle génération d’étrangers parlant chinois arrive à Shanghai. Cette ébauche de collaboration plus intense ne peut que renforcer davantage l’innovation », précise cet entrepreneur très impliqué dans la création de la French Tech, en 2015, qui compte déjà 500 membres.

Les start-up étrangères se sont tout naturellement positionnées sur le marketing numérique, expertise cruciale pour s’imposer sur le marché chinois. Les fondateurs de l’agence française Fred & Farid ne s’y sont pas trompés en s’installant à Shanghai dès 2012, considérant la ville comme le berceau de la nouvelle communication numérique et d’une nouvelle génération de consommateurs connectés en permanence.

Le marketing numérique et l’e-commerce, dans le sillage d’Alibaba (@alibabagroup), ont donc inspiré la création de nombreuses start-up shanghaïennes, mais Shanghai a aussi plus récemment investi les secteurs porteurs de la fin-tech. Lufax, filiale de l’assureur privé chinois Ping An, est ainsi en passe de devenir l’un des leaders mondiaux des prêts entre particuliers (P2P) avec une valorisation estimée à près de 19 milliards de dollars. A Hangzhou, l’ubérisation de la finance intéresse Alibaba, qui a levé 4,5 milliards de dollars pour développer des services financiers P2P dans les campagnes chinoises et en Asie. Sa plate-forme dédiée, Zhao Cai Bao, comptait déjà plus de 7 millions d’utilisateurs en 2015. Toujours dans le domaine de la modernisation des métiers de la finance, la traçabilité des marchés pourrait bien profiter des technologies sécurisées de stockage et de transmission d’informations nées dans la région de Shanghai.

Autre marché en forte progression : celui de l’e-santé. Poussé par le gouvernement chinois, il nourrit de nombreuses initiatives : Alibaba développe un service de pharmacies en ligne et des acteurs traditionnels se mettent au numérique, comme Shanghai Pharma­ceuticals ou bien l’assureur Ping Ann qui a lancé son application de consultations en ligne. Enfin, de plus en plus de start-up financées par des fonds de capital risque se positionnent sur l’e-santé.