Attention, future success-story ! ZaoZuo cible la génération Y chinoise avec une collection de meubles et d’accessoires à des prix ultra-accessibles et au design pointu vendue en ligne, mais également dans les concept-stores de Pékin et de Shanghai qui viennent d’ouvrir coup sur coup ces derniers mois. Trois nouveaux magasins sont d’ores et déjà programmés courant 2017, notamment à Hangzhou et Chengdu. Fondée en septembre 2014 par la serial-entrepreneuse Shu Wei, cette start-up, qui a tout pour devenir un game changer, a réussi en moins de deux ans à éditer des créations signées par la plupart des représentants de la nouvelle vague design internationale, de Form Us With Love (@formuswithlove) à Sebastian Herkner (@sebastianherkner), en passant par Note Design Studio (@notedesignstudio), Constance Guisset (@constanceguisset), Sami Kallio ou Luca Nichetto (@lucanichetto).

Le canapé deux places « Pebble », de Form Us With Love.
Le canapé deux places « Pebble », de Form Us With Love. DR

Le designer italien installé à Stockholm est d’ailleurs au cœur de l’aventure ZaoZuo avec Shu Wei et ses associés, puisqu’il en assure, depuis la capitale suédoise, la direction de création. Luca Nichetto ne cache pas que « la communication avec les fabricants s’est révélée beaucoup moins fluide qu’en Europe, surtout en ce qui concerne la phase R&D, et que des ajustements ont été nécessaires, comme l’obligation de devoir fournir, à chaque étape du prototypage, des croquis et des indications rigoureusement précis. Mais en un an et demi, la qualité est, globalement, déjà au rendez-vous. » Et ce, pour des prix de vente à peine plus élevés que ceux d’IKEA.

La lampe de table « Light Bell », de Sami Kallio.
La lampe de table « Light Bell », de Sami Kallio. DR

Claesson Koivisto Rune, Philippe Malouin (@philippemalouin) et Richard Hutten (@richardhutten) ont, eux aussi, rejoints la dream team de cette marque made in China à suivre de près. Car si ZaoZuo se concentre pour l’instant sur le (vaste) marché domestique, son ambition est, à n’en pas douter, d’être distribuée à l’international lorsque le moment sera venu (lire : lorsque tous les défis de qualité de fabrication ainsi que les circuits de distribution seront parfaitement maîtrisés). Rencontre avec Shu Wei mi-octobre à Shanghai, à l’occasion de l’ouverture de la deuxième adresse physique de la marque (Building No 8, 381 Panyu Road, Changning District, Shanghai).

Interview avec Shu Wei

The Good Life : Parlez-nous de vous, de votre parcours et de ce qui a motivé la création de ZaoZuo…
Shu Wei : J’ai déjà vécu plusieurs vies ! J’ai monté mon propre studio de design graphique à 19 ans et, sept ans plus tard, je suis partie faire un MBA à Stanford. A mon retour à Pékin, j’ai été responsable des fusions-acquisitions du réseau social chinois Renren, puis j’ai dirigé Jingwei, avant de créer ma propre appli d’échanges de photos : Civo. Mais trois ans plus tard, j’ai fait faillite. J’avais 33 ans et je me suis dit qu’il ne fallait pas que je perde de temps pour relancer une start-up ! Mon passé de designer, combiné à ma formation business, m’a rattrapée en quelque sorte, et j’ai lancé ZaoZuo (nous sommes six associés et je suis l’actionnaire majoritaire), en partant du constat que la Chine est aujourd’hui à un moment charnière et ne peut que passer de la copie et de la production de masse à des produits plus qualitatifs et plus lifestyle.

TGL : Quelles sont, selon vous, les attentes des consommateurs chinois aujourd’hui en termes de design ?
S. W. : La Chine est assurément un marché émergent, encore pris entre deux extrêmes : le très haut de gamme et les produits de masse. Or les nouveaux consommateurs, c’est‑à‑dire ceux nés après 1985, sont aujourd’hui en train de devenir majoritaires démographiquement, et constituent une nouvelle classe moyenne. Ils ne sont pas riches, mais ils ont fait des études et ont acquis une vraie culture design sur Internet. Ils ont donc un goût assez sûr, bien éduqué.
Ils ne recherchent plus les logos, mais la qualité des produits. Le seul bémol est que si les consommateurs sont au rendez-vous, c’est l’industrie qui ne l’est pas. Nous avons encore beaucoup à entreprendre, notamment pour faire comprendre à l’industrie qu’elle doit respecter les designers…

TGL : Sachant que la marque n’est pour l’instant disponible que sur le marché chinois, avez-vous l’intention de développer et de commercialiser ZaoZuo à l’international ?
S. W. : Nous le ferons certainement lorsque nous serons prêts, mais nous devons, au préalable, renforcer la fiabilité de notre chaîne de production, nous assurer de la permanence de la qualité de nos produits et également définir plus précisément le vocabulaire design de ZaoZuo.

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