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The Good Interviews

Rencontre avec Liam Ellul, directeur du Microsoft Innovation Centre en Australie-Méridionale

Implantés un peu partout sur le globe, les Microsoft Innovation Centers (MIC) ont tous la même mission : fournir gracieusement aux étudiants, start-ups et entrepreneurs les moyens technologiques de se développer. En 2014, le géant de Redmond lançait son second MIC australien à Adélaïde. A sa tête, Liam Ellul, pur produit d’une région qui voit grand pour sa ville et son pays. Interview.

Au douzième étage d’un building de Pirie Street, dans le centre d’Adélaïde, capitale de la South Australia, Liam Ellul a reçu The Good Life. Le Program Manager du Microsoft Innovation Centre (MIC) local évoque les ambitions du géant américain dans le pays…

The Good Life : Adélaïde n’est que la cinquième ville du pays en terme d’habitants. Pourtant, c’est ici que Microsoft a décidé d’installer son second Innovation Centre en Australie… Pourquoi ?
Liam Ellul : Les entrepreneurs locaux, à qui nous fournissons nos services, constituent un très bon échantillon test avant de se lancer sur des marchés plus vastes. La taille de la ville permet des échanges rapides entre les différents acteurs et les connexions se font très rapidement. Nous aussi, nous sortons gagnant car au final, cela simplifie notre accompagnement des entreprises.

The Good Life : Quelle est la spécificité de la scène tech locale ?
Liam Ellul : De plus en plus de start-ups se lancent dans le domaine de l’éducation… même si ce n’est pas encore un phénomène de grande ampleur. Le tissu entrepreneurial est ici très diversifié. C’est l’une des raisons qui fait d’Adélaïde une ville idéale pour nous : les sociétés ne se marchent pas sur les pieds, elles sont complémentaires.

The Good Life : Lors de l’inauguration, le communiqué disait vouloir accompagner les étudiants… Pourquoi cette population en particulier ?
Liam Ellul : Car les étudiants d’aujourd’hui sont les entrepreneurs de demain… Nous misons clairement sur eux. Il est très important pour nous de leur donner toutes les cartes pour qu’ils puissent développer leurs idées et devenir – pourquoi pas – de futurs clients.

TGL : Pour cela, vous avez noué des relations avec les universités…
L. E. : L’Université d’Adélaïde (il se retourne et la montre depuis la fenêtre de son bureau, NDLR) consacre un département entier à la formation des étudiants à l’entrepreneuriat et au management. En plus de l’équiper en logiciels, nous organisons régulièrement des e-challenges, sorte de concours de développement de start-ups.

TGL : Universités spécialisées, effervescence entrepreneuriale, diversité… L’Australie-Méridionale serait-elle le pendant « aussie » de la Californie ?
L.E. : Non, car il n’y a pas encore de hub de la tech en Australie, pas de Silicon Valley locale… Pour le moment, ce sont surtout des bonnes idées qui germent un peu partout sur le territoire. J’ai rencontré des entrepreneurs excitants et talentueux de Perth à Melbourne en passant par Sydney… Dans un état si vaste que le nôtre, le défi est de globaliser cet élan d’innovation et de créativité.

TGL : Brisbane, puis Adélaïde, quelle est l’ambition à long terme de Microsoft en Australie ?
L.E. : L’idéal serait d’ouvrir un MIC dans chaque région… Microsoft pourrait alors faciliter la communication entre toutes ces start-ups et tisser une toile globale de la tech australienne ! C’est le défi pour un état/continent comme le nôtre où chaque grande ville a ses atouts et son potentiel. Une fois ce contrat rempli, il faudra se tourner vers le monde et relier nos MIC australiens avec ceux implantés en Chine, à Malte ou à Milan

Adélaïde, racines carrées

Entre deux réunions et devant un sandwich au poulet, The Good Life a rencontré Philip Vafiadis, patron de l’accélérateur Innovyz. En quatre ans et demi d’existence, cet incubateur a permis l’émergence de 50 start-ups. Il nous a expliqué pourquoi sa ville avait tout pour réussir dans le numérique : « Les autres états du pays ont été créés pour accueillir des prisonniers et des bagnards, mais pas l’Australie-Méridionale. Ici, ce sont de riches familles européennes qui sont venues s’installer et ont dû tout construire. Cette ville et sa région ont été fondées sur la diversité et la créativité. Plus qu’ailleurs dans le pays, on retrouve aujourd’hui à Adélaïde cet esprit de liberté et d’innovation. »

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