National Geographic
La tête dans les étoiles

Mars, une destination touristique (bientôt) comme les autres

Elon Musk, Jeff Bezos, Richard Branson ... tous sont dans les starting-blocks pour apposer leur sceau sur le futur premier vol touristique à destination de la planète rouge. The Good Life fait le point sur cette conquête de l'Espace « nouvelle génération ».

En 2033, le vaisseau Deadalus achemine l’équipage de la toute première mission humaine vers Mars, avec l’objectif de s’y établir pour assurer la survie de l’espèce humaine. Bienvenue dans la nouvelle série événément du duo « Ron Howard et Brian Grazer », diffusée sur National Geographic.

 

Mais c’est bien connu, de la fiction à la réalité, il n’y a qu’un pas. Ces derniers mois, l’intérêt pour une exploration humaine de la planète rouge s’est démultiplié. Gouvernements, agences spatiales, entreprises privées et milliardaires, tous pressent le pas pour être les premiers à fouler le sol de Mars.

Elon Musk aux premières loges

Leader en chef de l’épopée, Elon Musk en fait une affaire personnelle. « C’est la survie de l’espèce humaine qui est en jeu » prévient le fondateur de SpaceX, première société privée à avoir envoyé un appareil en orbite. « Soit nous restons sur Terre pour toujours, nous condamnant à l’extinction, soit nous devenons une espèce interplanétaire », a-t-il affirmé lors du dernier Congrès international d’astronautique. SpaceX planche ainsi sur l’Interplanetary Transport System, une fusée en fibre carbone capable d’effectuer des allers-retours vers Mars, pour la bagatelle de 100.000 dollars par personne tout de même. Alors qu’il parie sur un premier pas de l’homme sur Mars d’ici 2024, Elon Musk entend y établir d’ici 100 ans une colonie autosuffisante d’un million de personnes. En somme, un nouveau Far West, dans les mêmes tons ocre.

La concurrence s’organise

Mais SpaceX est loin d’être tout seul sur la rampe de lancement. Blue Origin, start-up créée par le fondateur d’ Amazon Jeff Bezos, entend aussi s’imposer dans le secteur désormais très concurrentiel du voyage spatial. Moins avancé dans les projections, Blue Origin affiche toutefois quelques belles réussites pour les premiers tests de sa fusée New Shepard, sans parler de sa fusée New Glenn qui s’annonce d’ores et déjà comme la plus grande du monde.

Comparatif des tailles de fusées
Comparatif des tailles de fusées Blue Origin

Mais le fondateur d’ Amazon affiche d’autres ambitions. Avant Mars, Jeff Bezos entend profiter de l’espace pour délocaliser certaines usines et protéger ainsi l’environnement  de la Terre  : « Nous avons la meilleure planète. Nous devons la ménager, et le meilleur moyen de le faire est d’aller dans l’espace. […] Nous pourrions y construire par exemple d’immenses usines de puces électroniques », a-t-il fait valoir lors d’une conférence organisée par le site Re/Code.

Les deux entrepreneurs-milliardaires devront aussi compter sur les plans du fondateur de Virgin, Richard Branson. La société Virgin Galactic du Britannique développe depuis 2009 le SpaceShip, un vaisseau capable de transporter six passagers-touristes dans l’espace durant trois heures, projet qui aurait déjà séduit plus de 700 clients malgré un prix « relativement » prohibitif de 250.000 dollars. Il faudra néanmoins être patients : les premiers vols commerciaux sont repoussés depuis plusieurs années et devraient l’être encore, rapporte le Figaro.

 De nombreux défis à venir

En effet, bien que Barack Obama soit confiant, affirmant que l’Homme marchera sur la planète rouge en 2030, de nombreux défis restent à relever, à commencer par les risques corporels d’un tel voyage. Mars se situe à 55 millions de kilomètres de la Terre, une distance qui peut varier en fonction de la position dans le système solaire. Aussi, la durée théorique minimale pour s’y rendre serait de 180 jours, selon le Huffington Post. Mais il faudrait alors patienter 550 jours sur place pour pouvoir à nouveau bénéficier d’un trajet retour de 180 jours, soit un total de 910 jours dans l’espace. Difficile de prévoir les les conséquences d’un tel séjour sur l’organisme de l’Etre humain.

La Nasa dresse dans un rapport trois grands risques pour la santé : l’isolation extrême, l’absence prolongée de gravité (qui impacte les os, les muscles et la vision), et les rayons cosmiques qui sont filtrées sur Terre par l’atmosphère. Sur ce dernier point, une étude de l’université de Californie estime que l’exposition prolongée à ces radiations spatiales provoquerait troubles d’anxiété, problèmes de mémoire et dommages pour le cerveau.

Au-delà, des questions techniques demeurent en suspens. Comment poser sur Mars un vaisseau de plusieurs tonnes alors que la Nasa n’a jamais posé plus d’une tonne ? Comment survivre à la surface désertique de la planète rouge où la température moyenne frôle les – 63°C ? Comment subvenir aux besoins en oxygène des voyageurs pendant plus de deux ans ? Autant de questions sur lesquelles planchent agences spatiales et entreprises privées. En attendant, il est toujours permis de rêver devant une bonne série …

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