Grâce à la prise en main énergique de son directeur général, Rossignol a su se refaire une place parmi les grands du ski. Rencontre avec Bruno Cercley, un patron visionnaire.

The Good Life : Rossignol, l’un des fleurons français était au plus mal  à votre arrivée en 2008. Depuis, le chiffre d’affaires et les parts de marché sont en croissance constante. Comment avez-vous réussi ce tour de force ?
Bruno Cercley : L’ancien propriétaire avait, à mon sens, mal assimilé l’identité de Rossignol et avait cessé d’innover… Le groupe perdait 200 000 euros par jour ! Nous avons donc décidé de mettre en place un plan d’investissement de 10 millions d’euros entre 2009 et 2013 pour simplifier les gammes, relancer les processus d’innovation, améliorer les produits et réduire les coûts de production. Et cela a fonctionné ! En 2010, nous étions de nouveau bénéficiaire et la même année, le groupe a reçu le prix du Turnaround of the Year Award . Tout cela en partant d’un principe simple : une entreprise n’a pas de problème si elle a de bons produits !

Les dates clés de Bruno Cercley

Les dates clés de Bruno Cercley

1985 : Première expérience de commercial dans la fibre de verre.

1991 : Entrée chez Saint-Gobin, au service financier.

2002 : Première chez Rossignol, changement complet d’univers.

2005 : Fin de l’expérience avec Rossignol, il se lance dans le textile outdoor.

2008 : Après avoir suivi du coin de l’œil l’évolution de son ex pendant trois ans, il reprend les rênes à Quicksilver.

The Good Life : En pratique, sur quel type d’innovation avez-vous misé ? 
Bruno Cercley : Nous avons signé un partenariat avec PIQ, une entreprise spécialisée dans la conception d’objets connectés qui permet à nos utilisateurs de suivre leurs propres performances de glisse. Ainsi, ils partagent leurs résultats, participent à des courses à distance … Une manière de les fidéliser, de leur donner le sentiment d’appartenir à une communauté. Ce n’est pas de la tech pour de la tech ! Par ailleurs, ces données nous sont utiles pour concevoir nos produits. On peut, en fonction des avis, performances et habitudes de nos clients, viser plus juste pour répondre à leurs besoins en améliorant l’ergonomie, la forme et les matériaux de certains de nos skis par exemple.

Le groupe s’est associé avec PIQ pour la mise en place d’objets connectés qui permettent aux utilisateurs de garder une trace de leurs performances. Une aubaine pour Bruno Cercley qui voit en cette technologie la possibilité de fidéliser ses clients, et connaître un peu mieux leurs habitudes.
Le groupe s’est associé avec PIQ pour la mise en place d’objets connectés qui permettent aux utilisateurs de garder une trace de leurs performances. Une aubaine pour Bruno Cercley qui voit en cette technologie la possibilité de fidéliser ses clients, et connaître un peu mieux leurs habitudes. DR

TGL : Le groupe est estampillé « sports d’hiver », une limite naturelle à votre activité… Comment se diversifier sans se renier ?
B.C. : Ne miser que sur une saison est forcément un peu dangereux… Nous collaborons avec d’autres marques pour nous développer sur les secteurs de la mode, la course et le vélo. L’important c’est de rester légitime, donc de garder l’esprit montagne… Ainsi, on gagne du terrain sans risquer d’être à côté de la plaque. Il suffit de ne pas se précipiter…

Pour se diversifier Rossignol a imaginé une ligne de vêtements de ville… Mais pour rester dans le thème « montagne » et faire sa promotion, le groupe s’est offert les services de l’un des plus grand biathlète de l’histoire : Martin Fourcade.
Pour se diversifier Rossignol a imaginé une ligne de vêtements de ville… Mais pour rester dans le thème « montagne » et faire sa promotion, le groupe s’est offert les services de l’un des plus grand biathlète de l’histoire : Martin Fourcade. Julien Widmer

TGL : En FranceRossignol est le leader incontesté de la vente de skis. Quels leviers de croissance avez-vous d’ores et déjà identifié à l’étranger ?
B.C. : La Chine est pleine de promesses… Après l’obtention des JO d’hiver de Pékin en 2022, le gouvernement s’est fixé comme objectif d’attirer les Chinois sur les pistes, en encourageant les entreprises à favoriser les vacances hivernales et en obligeant les élèves à partir en classe de neige notamment. Ils visent 300 millions de skieurs chinois à terme… C’est beaucoup, mais même s’ils ne sont que 100 millions, cela représenterait alors 20% du marché mondial ! Une aubaine pour une marque comme la nôtre  …

 

Rossignol en chiffres

  • Chiffre d’affaires au 31 mars 2016 : 242,5 millions d’euros (134, 8 millions en 2011)
  • 74% de l’activité réalisée à l’export au 31 mars 2016
  • Nombre de paires de skis vendues en 2015/2016 : 880 000
  • Parts de marché ski alpin 2015/2016 : Monde : 24,1% / France : 63% / Amérique du Nord : 24,1% / Allemagne, Autriche, Italie, Suisse : 13,7%

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