palace dubaiote Jumeirah Beach

« Créer du lien », le défi du luxe de demain

A l’horizon 2025, les revenus issus du digital devraient atteindre 36% du chiffre d’affaire global de l'industrie du luxe, contre 9% en 2014 révèle Goldman Sachs. Réseaux sociaux, magasins connectés, réalité virtuelle, les géants du secteur se retroussent les manches pour rentrer dans la danse, avec un nouveau maître mot : la proximité !

Comment investir cette nouvelle relation, jusqu’à présent limitée à quelques rares happy fews postés au premier rang d’un défilé  ? That is the question ! Pour Agnès Vissoud (@AgnesVissoud), directrice performance des expériences digitales au sein de Louis Vuitton, l’équation est simple : « c’est au luxe d’attraper au vol le meilleur de l’innovation pour renouveler ses offres en termes d’expériences ». De nouveaux business pris d’assaut par les entreprises de tous gabarits, des start-ups aux multinationales. C’est le cas du « Zoo », l’unité de recherche et de développement créatif à destination des acteurs du luxe que Google lançait dès 2012. En début d’année, le studio développait ainsi des formats inédits de visites virtuelles comme celle du palace dubaiote Jumeirah Beach ou encore pour le joaillier Bulgari, avec la possibilité de lier ces parcours à Google Street View, comme en témoigne leur making-of.

Même objectif pour Hermès, qui surfe fin 2015 sur le boom des accessoires connectés et lance, en partenariat avec Apple, une Watch inédite. De quoi asseoir sa position sur un marché florissant qui pourrait bien franchir la barre des 29 milliards de dollars de chiffre d’affaire à fin 2016, doublant son résultat 2015 selon Euromonitor International.

Apple Watch Hermès
Apple Watch Hermès Apple

Même stratégie du côté du groupe Luxottica (7,1 milliards de dollars de chiffre d’affaire en 2015). En janvier 2014, le géant italien de la lunette de luxe rachetait pour 900 millions de dollars le site glasses.com et « 3D fit », technologie permettant à ses utilisateurs de tester le rendu de produits optiques grâce à la réalité augmentée. De son côté, L’Oréal Luxe lui emboitait le pas en rachetant Sayuki Custom Cosmetics, une entreprise américaine ayant développé un outil capable de scanner la peau de ses clientes afin de leur composer des fonds de teint sur-mesure, une transaction à plus de 150 millions de dollars. En décembre 2015, le groupe Fossil bouclait la boucle en investissant 236 millions de dollars dans Misfit, une marque spécialisée dans la création d’accessoires connectés.

Bracelet connecté Misfit Ray
Bracelet connecté Misfit Ray Misfit

Autre opération remarquée en 2015, Moda Operandi levait 60 millions de dollars avec Fidelity Investments. A la clé, le développement de l’offre « see now, buy now » du site e-commerce en Europe, Asie et Moyen-Orient pour des clients souhaitant se procurer les pièces d’une collection quelques minutes seulement après son défilé.

« See now, buy now »
« See now, buy now » Moda Operandi

Plus de doute, la course à l’innovation a bel et bien démarré chez les géants du luxe !

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