Il a suffi de l’alléger de quelques kilos, de changer son esthétique un peu chargée et son nom difficile à porter (Gladius) pour que la SV 650 retrouve ses fondamentaux. Et qu’elle se rende plus conciliante en ville.

La SV 650 n’a que faire d’une puissance de feu et d’un freinage plus que parfait… Elle se veut une moto accomplie, sans jamais nous pousser hors de notre plage de maîtrise. Dynamique, et néanmoins tempérante pour des modestes qui en veulent. L’épisode Gladius est clos, la SV revient au phare rond et perd 8 kg (équipée de l’ABS). Elle renoue avec un dépouillement de bon aloi, bien qu’on prenne plus de plaisir à la piloter qu’à la montrer. L’élimination de son surpoids vient d’une ligne d’échappement 2-en-1, allégée de 3,5 kg (notamment par la suppression de la marmite primaire, rendue possible par le passage à la norme antipollution Euro 4 et par le montage du catalyseur directement à la jonction des collecteurs), du kilo éliminé sur le système ABS, dont la centrale plus compacte perd à elle seule 830 g, sans oublier les 3,5 kg grappillés sur les carters latéraux du moteur, sur certaines pièces mobiles et sur le nouveau combiné à instruments entièrement numérique, qui ne pèse que 275 g ! Bref, la machine repasse sous la barre fatidique des 200 kg.

Quatre chevaux supplémentaires
En se mettant aux normes Euro 4, le moteur V-twin voit ses caractéristiques de puissance et de couple se modifier. Avec le changement de génération, il a gagné 4 ch pour en délivrer désormais 76, à un régime augmenté de 100 tr/min (8 500). Le couple maximal reste de 64 Nm, mais cette valeur est fournie 1 700 tours plus haut, soit 8 100 tr/min au lieu de 6 400 sur la Gladius. Le bicylindre en V de la SV 650 n’est pas plus pointu pour autant, ni moins souple à bas régime, mais plus « plein » sur une plage de rotation étendue. Toujours consistante, la réponse à l’accélérateur nous fait préférer les pneus d’origine à température sur le sec, plutôt que sur une chaussée brusquement refroidie et détrempée par une averse hivernale.

Le nouveau combiné à instruments est entièrement numérique et ne pèse que 275 g.
Le nouveau combiné à instruments est entièrement numérique et ne pèse que 275 g. DR

Faite pour les petits gabarits
Malgré un temps maussade lors de notre virée, rien n’a résisté à la SV, pas même les 22 km d’une route côtière rythmés par 365 virages. Notre V-twin a enroulé tout cela, sans solliciter d’autre rapport que le troisième ! Du grand art. Le frein moteur étant l’un des avantages de cette architecture mécanique, on n’en voudra pas aux disques avant de ne pas être plus mordants. Quant au reste de la partie cycle, il nous paraît digne d’une plus grosse cylindrée. Bien qu’ordinaires, les suspensions font leur travail plus que correctement. En comportement, mais aussi – plus étonnant – en confort. Même lorsque la moto est menée par un pilote un peu grand pour elle… Le moteur en V favorise la stabilité directionnelle, car une telle implantation dans le cadre détermine un empattement long. On arrivera sur la corde d’un virage moins sur les freins, davantage en jonglant avec la rondeur du moteur et sur la plus grande progressivité du balancement de la machine. Le cadre treillis en acier donne une belle finition à la charpente de la SV 650. Bien sûr, ses parties visibles laissent supposer qu’il s’agit de celui de la Gladius, alors que la partie sous la selle, qui se prolonge sur l’arrière-cadre, a été recintrée. Le modèle s’est affiné, au niveau du réservoir (qui conserve sa capacité) et de la selle, plus fine et plus creusée sous le séant du pilote. La SV 650 est plus que jamais faite pour les petits ou moyens gabarits (165-175 cm) et pour les débutants. La première raison est qu’elle est la plus basse de sa classe de cylindrée – avec une selle à 785 mm de hauteur. La deuxième est que, par une posture fort calée sur l’avant, elle fatigue vite les grands échalas. La chasse aux kilos a également eu la peau des poignées de maintien du passager, remplacées par une simple sangle transversale. La partie de selle réservée au passager est si courte et mince qu’on limitera le duo aux transports urbains ultracourts. Les repose-pieds du conducteur et du passager ne sont plus fixés sur la même longue et vilaine platine de la Gladius, mais possèdent leur propre point d’ancrage au cadre.

Une passion à prix raisonnable
Soulignons aussi que l’agrément du modèle marque des points sur la facilité d’utilisation : le bouton du démarreur est séquentiel, si bien qu’il ne faut plus maintenir la pression dessus jusqu’à ce que le bloc s’ébroue. Ce dernier émet un ronflement rauque dans une sourdine sympathique, et toujours maîtrisée. Appréciable en ville, lorsque les arrêts et redémarrages se multiplient, le Low RPM Assist accélère automatiquement le régime de ralenti quand on relâche l’embrayage en prise, avant même qu’on ait tourné la poignée des gaz. Ce système inédit – embrayage et accélérateur conservent un câble – intervient avec une finesse rare, si bien qu’il faudrait vraiment manquer de chance pour caler. Cette subtile refonte redonne à la SV 650 son style intemporel. Les transformations de fond nous permettent par ailleurs d’affirmer que la joie au guidon donne l’impression de retrouver sa moto-école préférée. Pour le grand bonheur de ses fans, cette moto passion à petit budget (6 599 euros) se relance dans son credo de toujours. Ou comment se renouveler sans prendre une ride…

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