Kaboom ! Groom ! Topo ! Aaarg ! Pas d’inquiétude : le rédacteur de cet article n’a pas perdu la raison. Il ne fait qu’énumérer des magazines consacrés à la bande dessinée qui ont vu le jour récemment. Il suffit de pousser la porte d’un marchand de journaux ou d’une librairie pour le constater : entre ceux qui publient de la BD, ceux qui portent un regard critique sur le neuvième art et ceux qui l’utilisent comme un outil pédagogique, la presse de bande dessinée se porte bien.

Certes, l’âge d’or où les titres se bousculaient dans les kiosques appartient à un passé révolu. De Tintin à Pif Gadget (qui a tenté un retour dans les années 2000), de Pilote à Charlie mensuel, de Métal hurlant à A suivre, on ne compte plus les publications ­mythiques qui ont mis la clé sous la porte, même si des classiques comme Le Journal de Mickey (créé en 1934), Spirou (1938), Picsou Magazine (1972) ou Fluide glacial (1975) sont toujours présents. Mais il faut croire que chaque génération, possédée par le délicieux démon de la bande dessinée, éprouve le besoin de se lancer à son tour dans la belle – quoique périlleuse – aventure de la presse BD.

« Groom », créé en 2016, trimestriel, 55 000 exemplaires, 100 pages.
« Groom », créé en 2016, trimestriel, 55 000 exemplaires, 100 pages. DR

Subversif
En 2013 est ainsi apparu Aaarg !, sous-­titré Bande dessinée & culture à la masse. Un « mook » de quelque 200 pages mêlant bandes dessinées et articles, couleur et noir et blanc, auteurs confirmés et débutants enthousiastes. Le tout porté par un état d’esprit volontiers transgressif et gentiment provoc. « Nous avions envie de casser les murs et de réunir différents genres de la culture populaire, comme le polar, l’humour ou le fantastique, explique Pierrick ­Starsky, le rédacteur en chef. La bande dessinée est la locomotive, mais nous parlons aussi de musique, de photo ou de cinéma. Nous avons voulu un journal complet et généreux, comme pouvaient l’être Métal hurlant ou Actuel, avec un esprit moderne correspondant à notre époque. »

Ses créateurs ont aussi tenté le pari de l’édition, avec la publication d’une quarantaine d’albums en trois ans. Après onze numéros, Aaarg ! a été interrompu à la fin de l’année 2015, avant de reparaître sous la forme d’un mensuel début 2016, puis, après une nouvelle pause, de renaître en septembre dernier avec une périodicité bimestrielle. « Le format court et la liberté que nous donnons aux auteurs leur permet de s’amuser, poursuit Pierrick Starsky. Et quand on se fait plaisir, il en ressort quelque chose d’un peu subversif… En tout cas, il y a dans Aaarg ! un esprit d’indépendance et d’irrévérence. »

« AAARG ! », créé en 2013, relancé en 2016, bimestriel, 30 000 exemplaires vendus de chaque numéro, 132 pages.
« AAARG ! », créé en 2013, relancé en 2016, bimestriel, 30 000 exemplaires vendus de chaque numéro, 132 pages. DR

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