L’économie n’est pas forcément plombante. La preuve par cinq avec ces ouvrages résolument optimistes et parfaitement didactiques, à lire ou à partager.

Réconfort
Où et quand le capitalisme est-il né ? Relève-t-il de la marche inéluctable vers un progrès inévitable ? Est-il forcément lié à l’Occident et à la démocratie ou peut-il s’épanouir ailleurs et sous d’autres formes ? Voici un livre salutaire qui répond à toutes ces questions. Il y a tellement d’ouvrages pour dénoncer l’horreur économique, la domination des riches et l’exploitation des « travailleurs » que ce pavé de plus de 500 pages, lancé par Joyce Appleby (elle enseigne l’histoire des idées à l’université de Californie), est un réconfort. « Il ne peut y avoir de capitalisme sans culture du capitalisme », soutient-elle. Pour l’auteur, le capitalisme ne commence pas avec Adam Smith, mais bien plus tôt. De son avènement à nos jours, de l’Angleterre du XVIIe siècle à la Chine du XXIe siècle, l’auteur retrace l’histoire très complète de ce modèle devenu le fondement de nos sociétés modernes. Au centre de son analyse, il y a la revalorisation de l’entrepreneur individuel. Joyce Appleby veut démontrer que le capitalisme est avant tout un phénomène sociétal, quand les économistes, avec leurs modèles mathématiques, l’entourent de l’aura mystique d’un mécanisme autonome. Il nous serait donc possible, selon elle, de modeler ce formidable système de production de richesse, plus caméléon que pieuvre, pour qu’il soit au service des hommes et non au service de l’argent. Loin des idées reçues et des querelles idéologiques, elle dresse le tableau des différentes formes de capitalisme et fait le portrait des pionniers et des géants industriels.
Capitalisme. Histoire d’une révolution permanente, Joyce Appleby, éditions Piranha, 24,90 €.

« Capitalisme. Histoire d’une révolution permanente », Joyce Appleby, éditions Piranha.
« Capitalisme. Histoire d’une révolution permanente », Joyce Appleby, éditions Piranha. DR

Liberté
« Quand la liberté des salariés fait le succès des entreprises. » Tel est le sous-titre de cette enquête analytique qui invite à découvrir ces établissements où la liberté est devenue un principe de management, ou plutôt une philosophie, pour transformer l’organisation : 3M, Gore, Favi, Semco, Usocome, Harley-Davidson, Vertex… On les surnomme « les entreprises libérées ». Leurs dirigeants ont la certitude qu’un lieu de travail privilégiant le respect de la liberté est beaucoup plus naturel qu’un environnement hiérarchique fondé sur la méfiance, le contrôle et l’obsession du reporting. Pour Getz et Carney, « laisser les salariés s’autodiriger et se développer, ça paie. » Spécialistes de l’innovation, les auteurs dénoncent les freins qui bureaucratisent les entreprises. Pour eux, il s’agit de retrouver la vitalité. Pour gagner cette énergie, il faut démonter les pointeuses, inciter à l’automotivation et garantir la culture de l’entreprise en restant vigilant sur ses valeurs. Tel est le prix de la liberté. Selon eux, « liberté ne veut pas dire anarchie ».
Liberté & Cie, Isaac Getz et Brian M. Carney, Clés des Champs, Flammarion, 10 €.

« Liberté & Cie », Isaac Getz et Brian M. Carney, Clés des Champs, Flammarion.
« Liberté & Cie », Isaac Getz et Brian M. Carney, Clés des Champs, Flammarion. DR

Autrement
Un homme, une passion : l’économie. Pour Jean Tirole, c’est une science très humaine. Le Prix Nobel 2014 n’est pas qu’un théoricien. Il connaît le terrain et se promène beaucoup. Le voyage, dans cet ouvrage, se fait dans le quotidien : le numérique, l’innovation, les comportements, le chômage, la gouvernance des entreprises, les permis de polluer et le changement climatique, bien sûr ; l’Europe, l’État, la bulle financière, le marché, le contrat de travail, etc. L’éventail est large. Pour lutter contre le chômage, il propose d’instaurer le principe du licencieur-payeur, comme il y a le pollueur-payeur. Il dénonce aussi l’égoïsme vis-à-vis des générations futures. Pour Jean Tirole, c’est le salarié qu’il faut protéger, et non l’emploi. Il doute de la disparition du salariat, confronté à la révolution numérique. Mais il estime probable une diversification et une polarisation accrues des statuts et des revenus.
Économie du bien commun, Jean Tirole, PUF, 18 €.

« Economie du bien commun », Jean Tirole, PUF.
« Economie du bien commun », Jean Tirole, PUF. DR

Portrait
Elon Musk est un cas à part et l’un des chefs d’entreprise les plus influents du monde. A 43 ans seulement, il a monté en quelques années Tesla, qui révolutionne le marché de l’automobile, et SpaceX, qui concurrence la NASA et Arianespace. Il a aussi redéfini les règles du marché des paiements en ligne avec Paypal. Sa dernière lubie ? Coloniser Mars dans dix ans. L’auteur Ashlee Vance nous raconte le génie d’Elon Musk, de son enfance en Afrique du Sud à ses fulgurantes innovations technologiques.
Elon Musk. Tesla, PayPal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde, Ashlee Vance, Eyrolles, 24,90 €.

« Elon Musk. Tesla, PayPal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde », Ashlee Vance, Eyrolles.
« Elon Musk. Tesla, PayPal, SpaceX : l’entrepreneur qui va changer le monde », Ashlee Vance, Eyrolles. DR

Comprendre
Tim Harford est l’un des meilleurs vulgarisateurs de l’économie dans le monde et montre, avec une grande dextérité, les liens entre macroéconomie et microéconomie, entre théorie et pratique. Dans son livre, très accessible, il montre à ses lecteurs comment l’économie permet de comprendre quantité de phénomènes de base : pourquoi les loyers sont-ils aussi élevés ? Les immigrés volent-ils nos emplois ? Qu’est-ce qu’un marché ? Éclairant et même… amusant !
L’économie est un jeu d’enfant, Tim Harford, PUF, 27 €.

« L’économie est un jeu d’enfant », Tim Harford, PUF.
« L’économie est un jeu d’enfant », Tim Harford, PUF. DR

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