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The Good Airports

The Good Airport : Ashgabat, luxe, calme… et culte de la personnalité

Un aéroport démesuré, ultra-moderne et dont le design s’inspire du faucon… Pour visiter cet aéroport singulier, il faudra se rendre à Ashgabat, la capitale du Turkménistan. Et si vous n’avez pas l'occasion de visiter cette république d'Asie centrale, laissez-nous vous présenter le dernier coup de folie du « patron protecteur » de cet état grand comme l'Espagne, Gurbanguly Berdimuhamedow.

L’ancien aéroport de la capitale du Turkménistan n’était certainement pas assez clinquant… Surtout, il portait le nom de l’ancien « guide protecteur » du pays, Saparmyrat Nyýazow. Son successeur, Gurbanguly Berdimuhamedow a donc décidé de faire sortir de terre à Ashgabat un immense faucon de verre et d’acier de cinq étages, avec de l’or partout et beaucoup de symboles locaux. Un projet pharaonique de 2,3 milliards de dollars qui a ouvert ses portes au début du mois de septembre 2016, soit dix ans après la mort de l’ancien chef d’Etat et l’intronisation de son successeur. Ce monstre d’espace, de luminosité et de modernité peut faire transiter 1 600 passagers par heure. Une nécessité évidente dans un pays qui accueille le nombre astronomique de 105 000 touristes par an (cinq fois moins que la Sarthe ou l’Yonne par exemple…).

New Ashgabat International Airport ✈️

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Concernant la durée des travaux où les conditions de travail des ouvriers sur le chantier, le maître d’œuvre turque Polimeks, est moins bavard que pour évoquer ses inspirations : « Nous nous sommes inspirés du faucon, l’un des emblèmes les plus représentatifs du Turkménistan où chasser avec cet oiseau est un art ancestral. » Des symboles de la culture turkmène que l’on retrouve partout dans l’édifice, comme « l’arc de Oguz Khan, fondateur du pays » ou encore « cinq guls, des tapis typiques qui représentent les cinq tribus majeures du Turkménistan, les Teke, Yomut, Arsary, Chowdur et Saryk ». Mais le roi des symboles, c’est la Rub el Hizb, cette étoile octogonale très présente dans la culture islamique. On la retrouve partout dans l’aéroport, de la tour de contrôle aux terminaux en passant par le parking.

Ashgabat, temple à la gloire de Gurbanguly Berdimuhamedow

The Good Airport : Ashgabat, luxe, calme et culte de la personnalité

En poste depuis 2006, le chef d’Etat turkmène ne recule devant rien en matière de culte de sa personnalité… Ainsi, en mai dernier, il faisait inaugurer au centre d’ Ashgabat une statue en or sur une colonne de marbre de 20 mètres de haut qui le représente montant son cheval une colombe à la main. En bon dictateur, ou plutôt « patron protecteur », le visage de Gurbanguly Berdimuhamedow est partout en ville, une capitale refaite à neuf sans compter le marbre et l’or depuis son « élection ». Une folie qui n’est pas nouvelle dans le pays, puisque son prédécesseur, Saparmyrat Nyýazow, le premier président après la fin de l’URSS, en plus de se faire appeler « le guide de tous les Turkmènes » s’était lui aussi fait construire sa statue en or… qui tournait chaque jour en fonction de la position du soleil !

Pourquoi construire un aéroport aussi grand et aussi cher ? Selon Polimeks, c’était indispensable au Turkmenistan… En effet, le pays accueillera l’édition 2017 de l’AIMAG (Asian Indoor and Martial Art Games, mais est-ce vraiment nécessaire de le préciser ?) qui permettra à l’aéroport de tourner à plein régime selon le constructeur qui rappelle que « 62 pays participent à cet événement, qui va permettre de lancer le tourisme à grande échelle au Turkménistan ». Les derniers JO de Rio, immensément plus attractifs, n’ont attiré « que » 500 000 touristes, à peine assez pour faire passer Ashgabat devant le département de l’Ain…

Diaporama : Ashgabat, l’aéroport à 2 milliards de dollars

Finalement, c’est dans le changement de dimension d’Ashgabat en Asie Centrale que l’aéroport pourrait jouer un rôle. Chez Polimeks, on souligne par exemple que l’aéroport-oiseau est le premier de la région à offrir un service de niveau A selon les critères de la IATA. De quoi lui faire jouer un rôle de hub majeur ? Les exploitants sont confiants. Avec 1,5 millions de correspondances par an, c’est le destin probable de l’aéroport le plus fou de ces dix dernières années…

Pour le plaisir, et en toute sobriété, le clip de présentation de l’aéroport

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