Ces dernières années, la Chine subit une massive fuite de ses capitaux en yuan. Sans parvenir à contrôler les sommes évadées par ses chefs d’entreprise…

Rappel des faits : En août 2015, dans un contexte de ralentissement de son économie, le yuan se déprécie de presque 5 % en trois jours et les réserves de change chinoises – les plus importantes au monde – fondent de quelque 93 milliards de dollars !

Les autorités mettent rapidement en place des mesures pour limiter la fuite de capitaux. La banque centrale chinoise (PBOC) oblige notamment les banques locales à payer un dépôt de 20 % sur les ventes à terme de devises étrangères afin de limiter la spéculation et les autorités annoncent une limitation drastique des sommes autorisées à quitter le pays.

Depuis, les millionnaires chinois sont dans l’obligation de faire preuve de créativité pour faire sortir leurs capitaux du territoire. On se souvient des entreprises créées aux Etats-Unis pour soutirer de l’argent à des sociétés chinoises en revendiquant des brevets bidon. Une autre solution, plus classique, est de voyager discrètement, accompagné de valises remplies de billets ! Une fois à l’étranger, ces valises sont converties en biens immobiliers non déclarés, objets de luxe ou comptes offshore.

Cet exil des richesses chinoises est évidemment une très mauvaise nouvelle pour l’économie du pays. En la privant de solutions de financement, il empêche les industries à forte valeur ajoutée de se développer. De plus, cette évasion nourrit la corruption qui, en Chine, frôle le surréalisme : lors d’une saisie récente, un habitant détenait tellement d’argent liquide dans son appartement que la police n’a pu le comptabiliser avec ses machines traditionnelles et a dû le peser pour évaluer la somme. Résultat : plus d’une tonne de billets !

Pékin doit aussi limiter les sorties de capitaux pour ne pas s’attirer les critiques de ses partenaires économiques alors que le yuan entrera officiellement le 1er octobre dans le panier de réserves du FMI.

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