Initiée par les entreprises japonaises, l’industrie thaïlandaise fournit aujourd’hui tous les marchés d’Asie et même au-delà. Équipements électriques, électroniques et automobiles représentent la moitié des exportations du pays des Hommes libres. Mais pour rester compétitif, le secteur doit monter en gamme…

En un peu plus de trois décennies, la Thaïlande en général et les environs de Bangkok en particulier sont devenus un véritable hub industriel pour tous les pays d’Asie du Sud-Est. Nombre d’entreprises s’y sont implantées pour fabriquer et assembler leurs produits, qu’elles acheminent ensuite pour les commercialiser sur tous les marchés de l’Asean (Association of Southeast Asian Nations) et au-delà. Les équipements électriques et électroniques, ainsi que l’automobile, représentent à eux seuls près de la moitié des 220 milliards de dollars de marchandises que le pays exporte chaque année. Les produits fabriqués sur place ne sont pas soumis aux taxes d’importation, qui peuvent être très élevées. De quoi attirer les grands industriels qui peuvent ainsi produire et vendre à coût compétitif. Les Japonais sont à l’origine de cette industrialisation. La hausse du yen, dans les années 70, les a incités à délocaliser une partie de leur production. Lié à la Thaïlande par différents traités depuis les années 30, le Japon a choisi de s’y implanter durablement. Cela a permis à la Thaïlande de développer son outil industriel et ses exportations. Aujourd’hui, le pays compte pas moins de 4 500 entreprises créées par des Japonais, tous secteurs confondus, qui représentent à eux seuls 50 % des investissements étrangers dans le pays ! Les Japonais seraient 200 000 en Thaïlande, dont la moitié vivent à Bangkok. C’est pour cela que des immeubles entiers sont construits à la japonaise et que des guichets sont consacrés aux ressortissants nippons dans les différents services de la ville, notamment dans les hôpitaux qui assurent les bilans de santé, obligatoires pour les employés des entreprises japonaises et leur famille. Les équipements électriques et électroniques constituent le premier poste d’exportation, avec 54 milliards de dollars en 2015, soit 25 % du montant total des exportations du pays et 15 % du PNB. Autrement dit, plus que le tourisme (11 % du PNB) ou l’agriculture (13 %), pourtant souvent considérés comme les fers de lance de l’économie thaïlandaise. Tout a démarré dans les années 60 avec l’assemblage de téléviseurs et de radios. Aujourd’hui, le pays fabrique et exporte plus de 60 millions d’appareils électroménagers par an, dont 59 % sont des climatiseurs (Daikin, Mitsubishi, Fujitsu), produits pour lesquels la Thaïlande est devenue le deuxième producteur mondial.