Le gouvernement chinois s’est fait une priorité de se débarrasser des entreprises zombies, à commencer par les aciéries et les mines de charbon. Mais les dirigeants locaux ne veulent pas se résoudre à licencier… Un cercle vicieux qui inquiète les observateurs internationaux.

Cette année devait marquer le début de la guerre totale contre les entreprises zombies en Chine. Le gouvernement central s’est donné comme objectif leur disparition d’ici trois ans, mais les dirigeants des différentes provinces du pays craignent l’instabilité sociale liée au chômage, ces entreprises employant près de 6 millions de Chinois.

Pourtant, le temps presse… Ces entreprises zombies tirent en effet leur nom du fait qu’elles survivent aux dépends d’entreprises plus saines. En effet, il s’agit de sociétés d’Etat, spécialisées dans des secteurs durement touchés par la crise (surtout l’acier et le charbon), qui n’empruntent que pour rembourser leurs intérêts (oui, la France et de nombreux pays sont des Etats zombies…). En leur prêtant « à perte », les banques ne peuvent plus investir dans d’autres secteurs comme l’intelligence artificielle et la nouvelle économie en général. L’opération visant à se débarrasser de 345 d’entre elles a été initiée par le ministre des finances au début de l’année, mais les plans du gouvernement ne se déroulent pas exactement comme prévu…

D’un côté, de grosses industries qui emploient 62 millions de personnes et qui doivent se séparer de 10 % de leurs effectifs pour se maintenir à flot. De l’autre, des élus locaux qui ne veulent pas faire grimper les chiffres du chômage dans leurs provinces et, accessoirement, mettre six millions de Chinois sur le carreau. Pour cela, ils prêtent et prêtent encore aux géants de l’acier comme Sinosteel ou Bohai Steel qui va voir son immense dette de 192 milliards de yuan (26,6 milliards €) épongée par la région de Tianjin.

Pour stopper l’hémorragie, le ministère des finances a promis une enveloppe 100 milliards de yuan (13 milliards €) supplémentaires aux caisses de sécurité sociale pour dédommager les futurs chômeurs… Dans tous les cas, il faudra faire des sacrifices si la Chine ne veut pas se retrouver dans la situation du Japon

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