Capture du jeu Pokémon Go

Pokemon Go remet Nintendo sur les rails

La sortie de Pokemon Go aux Etats-Unis, Australie et Nouvelle-Zélande le 7 juillet a créé un engouement sans précédent. En moins de trois jours, cette appli déjà culte affiche des millions de téléchargement et relance Nintendo de façon spectaculaire : l’action du groupe nippon a grimpé de 40 % depuis la sortie du jeu.

Le principe de ce nouvel opus de la saga Pokemon est simple : se déplacer sur une carte en espérant croiser et capturer des créatures du jeu. Lors de la rencontre, le jeu passe en mode « réalité augmentée » : l’appareil photo du smartphone se met en marche et le petit personnage apparaît, superposé au décor qui vous entoure. Pour des millions de jeunes entre 20 et 35 ans, c’est un rêve de gosse qui se réalise : devenir le meilleur dresseur de Pokemon.

Le jeu semblait promis à un certain succès. Mais pas de là à imaginer qu’en moins de cinq jours, en ne sortant officiellement qu’aux Etats-Unis, en Australie et en Nouvelle-Zélande, Pokemon Go aurait plus d’utilisateurs actifs que Twitter ! Si aucun chiffre n’a encore filtré, Forbes a mené son enquête et l’application aurait été téléchargée près de 8 millions de fois et déjà rapporté 7 millions d’euros. Le tout, rien qu’aux Etats-Unis… Un succès fulgurant qui a bien entendu profité au plus ancien acteur du jeu vidéo, Nintendo, propriétaire de la licence Pokémon. Depuis le 7 juillet, son action a pris  41 % et à l’ouverture de la Bourse ce mardi, elle avait encore gagné 14 %. Sa valorisation boursière était de 17 milliards de dollars à la veille de la sortie du jeu ; aujourd’hui, Nintendo en vaudrait 10 de plus ! Inutile de rappeler que le jeu n’est disponible que dans trois pays… Il ne s’agit donc que de la première vague d’un raz-de-marée qui s’annonce unique.

En 2007, suite à la sortie de sa révolutionnaire console Wii, la firme nippone était valorisée à 80 milliards de dollars. Mais depuis, elle a connu des années de déclin. Nintendo commence donc à relever la tête. De façon spectaculaire, certes, mais encore loin de sa force d’antan. Cette bouffée d’air est surtout l’œuvre d’un homme : Tatsumi Kimishima. Président de Nintendo depuis septembre dernier et ancien employé de la Pokémon Company, il a joué un grand rôle dans le lancement de Pokémon Go sur smartphone. Car avant lui, les dirigeants de Nintendo étaient peu enclins à se lancer dans le business du jeu sur mobile. La raison principale : la concurrence avec la DS (la console portable de Nintendo) mais aussi la peur du manque de rentabilité d’une application gratuite…

Nintendo, d’un phénomène à l’autre

Il a donc fallu s’adapter et vaincre les réticences internes. Et comme toujours, Nintendo a réussi à prendre le virage en innovant et capitalisant sur son savoir-faire en matière de jeu. La NES (1985) fut la première console de salon grand public et la Game Boy (1985) la première console portable à succès. La DS (2004) a imposé l’écran tactile et la Wii (2007) le détecteur de mouvement. Aujourd’hui, Pokemon Go est le pionnier de la réalité augmentée. Innover en gardant à l’esprit le jeu, c’est la marque de fabrique de Nintendo. Pokemon Go constitue un véritable hymne à ce qui a fait le succès du groupe : du dessin, une appli gratuite et une interface ergonomique. La preuve du retour au source de la firme japonaise : depuis la création de la franchise Pokémon, 740 créatures composent le bestiaire. Pourtant, l’application ne permet de capturer que les 250 premiers, de quoi alimenter les inévitables suites du jeu.

En 1999, l’ampleur du phénomène Pokémon est si énorme que le Time lui consacre sa Une.
En 1999, l’ampleur du phénomène Pokémon est si énorme que le Time lui consacre sa Une. DR

Le début d’une nouvelle Pokémania ? Cela y ressemble fortement… Pokémon Go ressemble fortement à son ancêtre en 8-bits et déjà à l’époque, Nintendo avait sorti deux versions du jeu en espérant que les fans achèteraient les deux. Aujourd’hui, même si le jeu n’est pas officiellement disponible en France, il existe des moyens de se le procurer et une chasse géante est même prévue dans Paris le 14 juillet. 6 000 personnes pourraient y participer… De la folie furieuse…

 

 

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