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Un rapprochement sino-grec pour sauver Tsipras

Relance économique, investissements dans le secteur maritime, dans le tourisme, l’éducation et peut-être même le cinéma ! Tel est le plan qu’a formulé le gouvernement chinois pour sauver la Grèce. Si le pays d’Alexis Tsipras semble avoir tout à gagner, quels sont les buts poursuivis par la Chine ?

Le gouvernement d’Alexis Tsipras multiplie les partenariats pour tenter de relancer l’économie nationale. Le port du Pirée faisant partie de la « nouvelle Route de la Soie chinoise » (One Belt One Road), China Cosco Holdings Co., une compagnie maritime de premier plan, vient d’accepter d’acquérir 67 % d’un des plus grands ports méditerranéens. « C’est un accord qui bénéficiera aux deux parties et permettra aux entreprises chinoises d’apporter des avantages à l’économie grecque », a martelé le premier ministre grec lors de sa visite officielle à Pékin ce lundi.

Le chef du gouvernement a profité d’une visite de cinq jours entre Pékin et Shanghai pour faire de l’œil à d’autres investisseurs potentiels. Il a notamment pris rendez-vous avec certaines des plus grosses entreprises chinoises. Pour Alexis Tsipras, la crise grecque touche à sa fin et les investissements étrangers vont permettre de résorber le problème du chômage après des années de récession.

Cependant, quels sont les attentes chinoises pour un investissement d’une telle ampleur ?
En s’assurant un point de chute au Pirée, la Chine s’offre une porte d’entrée sur la Méditerranée et une certaine proximité avec le Canal de Suez. Cette acquisition s’inscrit en effet dans la constitution d’un réseau maritime entre l’Extrême-Orient et Venise qui installerait l’Empire du Milieu comme un acteur central dans l’import-export mondial. Par ailleurs, en venant sortir la Grèce de l’ornière économique, les Chinois disposeraient d’une position dominante dans les nouveaux enjeux géo-stratégiques européens.

Le Pirée ouvre la porte de l’Europe aux transporteurs chinois.
Le Pirée ouvre la porte de l’Europe aux transporteurs chinois. Daiwa Capital Markets

Le premier ministre Li Keqiang a assuré que son pays « aiderait la Grèce à devenir plus forte au sein d’une Europe plus puissante ». Pour ce faire, la Grèce compte aussi sur la technologie chinoise. Dimanche dernier, Alexis Tsipras et sa délégation ont visité le QG de Huawei. Le premier ministre en a profité pour proposer la création d’un « parc technologique » à Athènes, en collaboration avec le géant des télécoms. D’autres aspects ont également été abordés lors de cette visite, tels le développement du tourisme en Grèce et le lancement d’une industrie cinématographique nationale. La coproduction sino-grec bientôt sur grand écran…

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