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Economie 2.0

Intelligence Artificielle : vers une nouvelle cyber-guerre économique ?

Longtemps, l’intelligence artificielle est restée l’apanage de scientifiques cloîtrés dans leur laboratoire. Mais en à peine un an, elle est devenue un enjeu majeur pour les géants d’Internet. Nous assistons à une véritable course à la recherche autour des réseaux neuronaux. Qu’est-ce donc que cette nouvelle forme d’intelligence et pourquoi cet engouement soudain ? The Good Life fait le point.

Le terme « Intelligence Artificielle » est apparu en 1956 mais il est longtemps resté dans l’ombre des labos de recherche de quelques précurseurs, comme le Français Yann Le Cun. Jusqu’à ce que les géants d’Internet découvrent que cette technologie allait devenir le levier majeur de leur développement. Pour Google, Facebook, Microsoft, Amazon, Apple et bien d’autres, le but est de conférer à nos machines des capacités de synthèse et d’analyse autrefois réservées à l’être humain.

Ces capacités se résument sous la forme de deux concepts fondateurs de l’IA : le « machine learning » (apprentissage automatique) et le « deep learning » (apprentissage profond). En clair, il s’agit de la capacité d’une machine à reconnaître des représentations (visuelles, sonores, textuelles) à force de les lui exposer plusieurs fois. L’idée, c’est qu’en « montrant » à une machine des dizaines de photos de chats, il puisse apprendre seul à les reconnaître.

Mais qu’est-ce qui attire tant les acteurs high-tech ?

Mark Zuckerberg en avait fait son cheval de bataille dès 2004, à l’époque où il lançait Facebook. Les comportements interpersonnels étant au cœur des préoccupations contemporaines, Zuckerberg pensait qu’il devait exister un algorithme régissant ces relations. Avec ces clés de lecture en main, Facebook occuperait une position centrale dans le développement des technologies du futur. Cette quête est encore loin d’être finie puisque le pôle « Intelligence Artificielle » de Facebook, annoncé en 2013, est en cours d’installation au cœur de la capitale française, sous la houlette du précurseur Yann Le Cun. Le réseau social propose de plus en plus de nouvelles fonctions liées à l’IA, comme l’insertion ultra-personnalisée de pubs et suggestions. Dans cette bataille, Amazon est lui aussi en première ligne grâce à l’optimisation de la recommandation selon le profil de l’utilisateur. Les ingénieurs maison ont longuement travaillé à l’élaboration de DSSTNE (« destiny »), une technologie qui rend le système de suggestion encore plus puissant et précis. Mais surtout, Amazon a développé Echo, une enceinte cylindrique doublée d’un vrai assistant vocal qui dépasse de loin tous ses concurrents actuellement disponibles sur le marché. Amazon Echo parle, donne des informations et anticipe les besoins de ses utilisateurs.

Apple, Microsoft… préfèrent, eux, avancer masqués dans cette bataille pour la conquête de l’IA.

Objectif : Open Source

Le risque est bien entendu qu’une de ces entreprises s’approprie seule une technologie essentielle. Du coup, de nombreux acteurs militent en faveur de l’Open Source, qui permettrait de partager plus équitablement les fruits des recherches. Amazon s’inscrit dans cette lignée, en veillant à mettre ses technologies en libre service. « Nous espérons que les chercheurs du monde entier pourront collaborer à améliorer DSSTNE et, plus important encore, que cela encouragera l’innovation dans plus de domaines », peut-on lire sur le GitHub d’Amazon.

Même positionnement chez Google. Récemment, le géant de Mountain View annonçait la mise à libre disposition de son programme de reconnaissance syntaxique, SyntaxNet. N’y voyez pas pour autant le symptôme d’une quelconque philanthropie. L’Open Source accorde à ces acteurs un sérieux avantage en termes de définition de standards sur le système très fermé d’Apple, qui équipe Siri. A travers l’initiative OpenAI, Elon Musk, le patron de Tesla, a pris la tête du combat pour une IA envisagée comme un bien commun de l’humanité.

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