Deux nouvelles exoplanètes ont été présentées quasi-simultanément cette semaine. Rien d’extraordinaire, puisque plus de 3000 d’entre elles ont été découvertes depuis vingt ans… Sauf qu’il s’agit là des deux plus jeunes jamais observées, une aubaine pour les scientifiques…

Des exoplanètes, on en découvre presque tous les jours depuis la première observation du genre en 1995. Ce qui rend celles-ci extraordinaires, c’est le jeune âge de leurs étoiles, entre 2 et 10 millions d’années. Mais aussi le fait qu’elles soient extrêmement proches de leurs astres respectifs : une année ne dure en effet que cinq jours sur ces exoplanètes. L’étoile V830 Tau voit tourner autour d’elle une planète géante gazeuse, que l’on appelle un Jupiter chaud, c’est-à-dire une planète dont les propriétés sont proches de celles de Jupiter mais qui est beaucoup plus proche de son étoile. Concernant l’autre découverte, il s’agit d’une « Super Neptune », qui tourne autour d’une étoile au nom très sexy (K2-33b). Elle aussi est un Jupiter chaud.

Qu’est-ce qu’une exoplanète ?

David Fossé, astrophysicien, rédacteur en chef adjoint de Ciel et Espace et chef de projet First Light.

David Fossé, explique les exoplanètes

« Une exoplanète, ou planète extrasolaire, est une planète qui tourne autour d’une autre étoile que le Soleil. Leur découverte est récente, 1995 pour la première. On en a observé près de 3 500 depuis, et on pense qu’il en existe plusieurs centaines de milliards dans la Voie lactée. La toute première découverte était d’ailleurs un Jupiter chaud. Des planètes qui ne sont pas plus nombreuses que les autres, mais qui sont plus faciles à repérer. Un Jupiter chaud est une planète géante mais qui tourne très près de son étoile, donc très vite alors que Jupiter met douze ans pour faire le tour du Soleil. »

Pour comprendre l’utilité de cette découverte, il faut savoir que ces exoplanètes sont une anomalie. Selon David Fossé, « ces planètes ne devraient pas exister car elles sont si massives qu’elles ne peuvent être créées si près d’une étoile. Il y fait trop chaud pour que la matière nécessaire à la formation d’une planète puisse subsister. » Et pourtant, elles existent… Un mystère auquel les astronomes ont répondu avec une hypothèse simple : les Jupiter chauds sont des planètes migrantes et ne seraient pas nées à l’endroit où elles sont observées, mais beaucoup plus loin de leur étoile. Comment se sont-elles déplacées ? Ces nouvelles observations valident une théorie selon laquelle « certaines planètes se déplacent vers leur étoile dans un disque de gaz et de poussières » selon David Fossé. Une autre théorie avance que les planètes peuvent se déplacer sous l’effet de perturbations gravitationnelles dues à d’autres planètes, voire au passage d’une étoile à proximité. Mais le phénomène est le même : il y a un bel et bien un déplacement.

Illustration de l’exoplanète autour de son étoile K2-33b
Illustration de l’exoplanète autour de son étoile K2-33b NASA

Grâce à ces nouvelles observations, il sera bientôt possible de comprendre pourquoi certaines planètes géantes migrent, alors que d’autres restent statiques. Si Jupiter (l’originale) s’était déplacée autant qu’un Jupiter chaud, elle aurait tout balayé sur son passage. « Une migration qui, comme l’affirme David Fossé, aurait sans doute balayé les planètes rocheuses, dont la nôtre. » Seulement, elle ne s’est peu déplacée. Pourquoi ? On le saura dans un futur proche. Ce qui est certain c’est que notre planète ne doit son existence qu’au hasard d’un déplacement dans un disque de gaz et de poussières…

La citation

Erik Petigura de l’Institut de Technologie de Californie, qui a participé à la découverte de K2-33b.

« Ces planètes nouvellement nées vont nous aider à mieux comprendre comment les planètes se forment, ce qui est important pour la compréhension des processus ayant conduit à la formation de la Terre. »

Thématiques associées

The good concept store A découvrir dans le concept store