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Pop psychédélique
Diffusé en avant-première dans l’aéroport de Baltimore‑Washington une journée entière, le nouvel album d’Animal Collective a divisé 
la critique : il y a ceux qui ont parlé de « disque qui provoque une étrange forme d’addiction » et ceux qui l’ont qualifié de « bouse sonore ». Comme souvent, la vérité se trouve quelque part entre les deux… Le groupe du Maryland, qui a toujours été expérimental et artistiquement aventureux, a opté, cette fois, pour des mélodies pop, laissant de côté ses explorations sonores du passé. Mais la classe des musiciens Panda Bear, Avey Tare et Geologist est une garantie pour les passionnés du genre. Curiosité : l’album est disponible en trois pochettes différentes, chacune représentant un membre du groupe. E. G.
Painting With, Animal Collective, Domino Records.

Rock classique
« Cela devra être un condensé du talent de l’artiste. » C’est ainsi que Steve Berkowitz, directeur artistique de Columbia, a résumé, en 1993, la démo de son protégé Jeff Buckley, qui était alors « seulement » le fils de Tim Buckley. Vingt‑cinq ans plus tard, ces enregistrements inédits voient enfin le jour. Bien que de nombreux morceaux sont déjà connus des fans, réécouter les reprises de Just Like a Woman 
de Bob Dylan, de Night Flight de Led Zeppelin ou d’un vieux blues de Bukka White est extrêmement émouvant. La voix de Jeff Buckley, presque vingt ans après sa disparition tragique, est encore capable de nous serrer le cœur, tout comme la première version de Grace ou l’inédit Dream 
of You and I qui donne son titre à l’album. E. G.

You and I, Jeff Buckley, Columbia Records.

Rock
Si elle n’a pas reçu, au sens strict, de formation musicale, elle a baigné, enfant, dans une culture faite de sons et de bons mots : sa mère, pianiste, était professeur de musique,et son père, professeur de littérature. Après un tour d’Europe, à l’âge de 17 ans, la guitare en bandoulière, Rachelle Garniez a essayé plusieurs instruments avant de se fixer sur l’accordéon. Qu’elle réinvente magistralement. Avec Tim Lüntzel, à la contrebasse, et avec les cors et cordes du groupe Hazmat Modine, ce 6e album, parfaitement jazzy, est subtilement irrévérencieux. Drôle parfois, doux la plupart 
du temps, subtil toujours, même quand il penche vers le folk. Coup de cœur pour le titre Medicine Man. C. M.
Who’s Counting, Rachelle Garniez, L’Autre Distribution.

Rock
Rock DR

Pop estivale
Ville la plus pluvieuse d’Europe, Bergen accouche régulièrement de groupes lumineux. S’ils sont déjà des stars en Scandinavie et en Espagne, les Kakkmaddafakka étaient jusque-là méprisés par le reste du monde. Cela pourrait bien changer avec KMF, un quatrième album sautillant dans lequel les Norvégiens enchaînent les pépites. Les guitares scintillent, la basse bondit et les chœurs des frères Vindenes surfent sur la vague pop. Un concentré d’énergie positive. J.-C. C.
KMF, Kakkmaddafakka, Bubble Records.

Modern Soul
Multi-instrumentiste, producteur, gestionnaire d’un magasin de disques, monteur de cinéma, mais aussi professeur de droit : Adrian Younge est 
un Angeleno insaisissable. La meilleure façon d’appréhender son univers protéiforme est de se plonger dans son dernier album, Something About April II. Ces 13 titres voluptueux brassent toutes ses influences : soul sixties, western spaghetti, rock indé, hip-hop… Un mix jamais indigeste grâce à la production soyeuse, qui déploie cordes et cuivres, et aux chanteurs qui se succèdent. On y retrouve notamment la délicieuse Laetitia Sadier (ex-Stereolab), dont la voix pimente une poignée de titres classieux (dont la gainsbourienne Ballade, susurrée en français). J.-C. C.

Something About April II, Adrian Younge, Linear Labs.

Modern Soul
Modern Soul DR

Mex-pop
Groupe culte de la pop British, les Smiths et leur leader charismatique Morrissey ont réinventé la pop anglaise au cœur de l’Angleterre des eighties. Ils ont inspiré de nombreux groupes, en Europe, mais aussi de l’autre côté de l’Atlantique. Pas seulement à Seattle, dont le climat s’apparente à celui de Manchester, leur ville d’origine, mais aussi au Mexique. Le DJ Camilo Lara s’est mis en tête de fonder un groupe de musiciens mariachis qui pourraient reprendre les titres phares des Smiths, mais avec des paroles traduites en espagnol et des orchestrations dans lesquelles basse, batterie et guitare laisseraient place aux instruments traditionnels mexicains. L’occasion de démontrer que ces chansons sont vraiment inmortal. J.-C. C.

No Manchester, Mexrrissey, Cooking Vinyl.

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