Quand Nokia a annoncé le rachat de la firme Withings ce mardi 26 avril, le géant finlandais a surpris nombre d’observateurs. Entre l’effet de surprise lié au fait que Nokia s’était repliée ces dernières années sur le B-to-B et le questionnement sur son arrivée sur un marché mouvant, quelles sont les raisons qui poussent l’ex-géant du mobile à procéder à une telle acquisition ?

Si Nokia a longtemps été le leader incontesté du mobile, la concurrence accrue sur le marché du smartphone au début des années 2010 a placé le constructeur finlandais dans une position délicate. En 2014, Nokia s’est délesté de sa division téléphones auprès de Microsoft. Smart move, car cette manœuvre lui a permis d’engranger un pactole de 14 milliards de dollars. Depuis, du haut de cette manne, le pôle « Technology » du constructeur se tient prêt à étendre ses activités sur d’autres marchés connexes des hautes-technologies. Il a d’abord investi le créneau des tablettes avec la N1 sous Android, lancée en 2014 mais uniquement en Chine. La compagnie vient de démontrer qu’elle avait des ambitions plus larges en rachetant Withings, l’un des leaders français des objets connectés (IoT).

Pourquoi Nokia a choisi Withings ?
Fini le fabricant de téléphones incassables, il faut désormais penser Nokia comme une holding à part entière. Son ambition principale est de se positionner comme un groupe visionnaire en technologie qui investit là où il sent qu’un marché important pourrait se développer. En l’occurrence, le département Recherche et Développement de Nokia travaille depuis un certain temps sur « WellCare », une plateforme logicielle dédiée aux Objets connectés dans le domaine de la santé. Dans les prochains mois, elle va devoir se mesurer au CareKit d’Apple, conçu dans le même esprit. En rachetant Withings, Nokia fait donc son entrée officielle sur ce marché en plein boom.
Bien décidé à ne pas reproduire les erreurs du passé, Ramzi Haidamus, président de Nokia semble confiant concernant ce virage stratégique. A coups de produits bien pensés, Withings a constitué une gamme d’objets qui vont bien au-delà de la montre-tracker d’activité. La plateforme logicielle maison permet aux utilisateurs des balances, caméras et tensiomètres connectés d’enregistrer et visualiser une quantité de données importantes sur leur santé.
Qui de Apple ou Nokia réussira à imposer son système de santé connectée au reste du monde ? Si la marque à la pomme est déjà parvenue à vendre son HealthKit aux plus grands hôpitaux américains, Nokia semble bien décidé à ne pas lui laisser les coudées franches.

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