Certains sont scientifiques, d’autres, des gestionnaires, des entrepreneurs. Tous ont un seul but : emmener l’humanité au plus loin, dans le cosmos. Certains y arriveront peut-être…

L’ex-astronaute dans le cockpit de la Nasa

Charles Bolden
Charles Bolden Wikimedia

Charles Bolden
Cet aventurier de l’espace de 69 ans a eu l’honneur de s’installer aux commandes des navettes Columbia et Discovery – il a passé plus de 680 heures dans l’espace –, non sans avoir dû triompher, dans ses jeunes années, des relents bien terrestres d’une ségrégation encore vivace dans le sud des Etats‑Unis : aucun législateur de Caroline du Sud, l’Etat de naissance de Charles Bolden, n’accepta alors de parrainer ses études à la prestigieuse Naval Academy, dont il sortira pourtant diplômé,
en 1968. Quarante et un ans plus tard, le 23 mai 2009, Charles Bolden devient le premier astronaute noir-américain à diriger la puissante agence spatiale de Houston. Ce commandant de vaisseau multidécoré des Marines, qui ne cache pas sa foi dans l’existence d’une vie extraterrestre, plaide aujourd’hui la cause d’une Nasa qu’il entend affranchir de sa coûteuse dépendance vis-à-vis des capsules russes Soyouz en matière de vols habités, alors qu’il recrute les candidats astronautes pour sa mission martienne prévue en 2030, « cette nouvelle vague d’explorateurs qui ira encore plus loin, pour (…) fouler, pour la première fois, la planète rouge ».

Le talentueux « dingue » qui veut croquer mars

Elon Musk
Elon Musk Wikimedia

Elon Musk
« Il est à enfermer ! » s’exclamait ce parterre élitiste d’Arianespace, en 2006, alors que ce faux-vrai robot américain d’origine sud-africaine leur lançait, sourire de vainqueur, regard d’acier : « Dans cinq ans, vous êtes tous morts ! » Il allait un peu vite, Elon Musk, mais cet ingénieur, fondateur de SpaceX, pionnier du tourisme spatial, des fusées low cost et propriétaire de la marque de voitures électriques Tesla, valide aujourd’hui son statut de conquérant de l’espace. Il promet d’envoyer une colonie de 80 000 hommes sur Mars avant… 2025. Sur Terre aussi, tout va vite pour l’Iron-man milliardaire : trois mariages (dont l’un deux fois avec la même femme !), cinq entreprises créées ou cofondées, dont deux revendues à prix d’or (Zip2 et PayPal). Le mot échec ne saurait perforer l’armure de ce guerrier du cosmos, pas plus que le troisième amerrissage raté de l’une de ses fusées réutilisables dans l’océan Pacifique, en janvier dernier. « La mise sur orbite a été applaudie par la Nasa », observe le visionnaire. Et de professer : « L’échec est une option. Si vous n’échouez pas, c’est que vous n’êtes pas assez innovant. »

Le pilote de la reconquête du cosmos russe

Igor Komarov
Igor Komarov Wikimedia

Igor Komarov
Ce patron de la Compagnie spatiale unifiée (née de la fusion entre une puissante holding publique et l’agence spatiale Roscosmos), fringant quinquagénaire (très « quadra » d’allure) formé à la faculté économique de l’université de Moscou et père de cinq enfants, s’est vu confier, en 2013, la délicate refonte stratégique du département spatial russe, une de ces missions pour laquelle deux de ses prédécesseurs furent remerciés, jugés inaptes à endiguer l’humiliante série de pannes et autres échecs en vol – chute de trois satellites dans l’océan Pacifique, explosion d’une fusée Proton à son décollage… – que ce prestigieux organe de l’ex‑URSS enchaînait dans une spirale infernale. Réputé pour ses qualités de manager éclairé – on lui doit la rédemption de la filière automobile postsoviétique et le rapprochement entre Lada et Renault-Nissan –, Komarov veille par ailleurs à l’émergence – retardée – du cosmodrome russe Vostochny, implanté dans la région de l’Amour (Extrême‑Orient russe), appelé à remplacer la base de Baïkonour pour les lanceurs de nouvelle génération (fusées Angara). Décollage du premier vol habité en 2025.

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