Plus encore que durant la Guerre froide, l'espace est un enjeu stratégique. Américains, Russes, Chinois, Japonais… Tous veulent leur part du gâteau et ne se refusent rien pour conquérir les étoiles et leurs richesses. Entre fusées et satellites, les routes spatiales se tracent, mais à quel prix ? Décryptage.

Partir sur de bonnes bases

Sur la côte guyanaise, le chantier pour construire le nouveau pas de tir des Ariane 62 et 64 (avec deux ou quatre propulseurs) a commencé. « Nous voulons augmenter les cadences de lancement, car c’est l’un des axes de réduction des coûts, souligne Jean-Marc Astorg. Pour l’instant, nous exploitons trois lanceurs : Ariane 5 pour les gros satellites, Vega pour les petits, et Soyouz pour les moyens. A terme, ce seront deux lanceurs avec des éléments communs qui seront exploités : Ariane 6 et Vega‑C. » Pendant ce temps, loin, très loin de la moiteur guyanaise, les Russes construisent leur nouvelle base spatiale. Elle est située au milieu de nulle part, du côté de la frontière chinoise, dans l’oblast de l’Amour.

Elle porte le nom de Vostochny, et devait être inaugurée en 2015. Mais des retards dans les travaux ont reporté le lancement du premier Soyouz à avril 2016. Avec cette base, les Russes s’affranchiront de leur dépendance à Baïkonour, construite pendant la grande époque soviétique, mais désormais louée au Kazakhstan, où elle se trouve depuis la chute de l’URSS. De Vostxochny devraient aussi décoller les fusées Angara, qui succéderont aux Proton. Ces dernières ont connu, malgré l’ancienneté de leur technologie, plusieurs échecs qui ont entraîné la destruction de satellites importants. Afin de revenir dans la course, les dirigeants d’International Launch Services, qui exploite les Proton, ont bradé leurs lancements pour s’aligner sur les tarifs de Space X.

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