Pour capter les start-up montantes, potentiels relais de croissance de demain, les grands groupes doivent, eux aussi, être très inventifs. En la matière, le géant bancaire a un bras armé redoutable : l’Atelier BNP Paribas. Une filiale qui planche depuis trente-cinq ans sur les problématiques d’avenir : de la percée du Minitel au développement de la banque en ligne.

Hello Bank ! n’aurait pu voir le jour sans le travail en amont d’un brainstorming poussé et de recherches approfondies menées par un laboratoire… d’idées. C’est bien le rôle de l’Atelier BNP Paribas : plancher sur les problématiques de demain et conseiller la banque dans sa stratégie. C’est ainsi qu’en 2012 le pôle américain de l’Atelier, implanté à San Francisco, organise un learning tour sur l’e-banking à destination des collaborateurs du groupe. Quelques mois plus tard, la banque en ligne, version BNP Paribas, voit le jour en Europe. Hello Bank ! est bien un exemple concret, parmi d’autres, de la transformation réussie des analyses de cet Atelier.
Aujourd’hui implanté à Paris, à San Francisco et à Shanghai, l’Atelier compte une cinquantaine de collaborateurs travaillant sous la houlette de Louis Treussard, CEO de l’Atelier BNP Paribas. C’est lui qui, épaulé d’Antoine Sire, ancien directeur de la communication du groupe, a œuvré pour que l’Atelier ne disparaisse pas alors même qu’il était menacé au tournant du siècle. « Au moment de la bulle Internet et de la fusion de BNP et de Paribas, ils ont fait front pour sauver l’Atelier, qui est alors sorti du groupe pour devenir filiale à 100 % de BNP Paribas », explique Guillaume Degroisse, directeur marketing et contenus de l’Atelier BNP Paribas, à Paris. Au fil des ans, les missions de cette entité ont évolué pour se concentrer sur trois activités principales : le conseil, un service de veille et de prospective et la création d’accélérateurs de start-up. Des prérogatives finalement peu éloignées des missions initiales de l’Atelier, s’amuse Guillaume Degroisse. « A sa création, en 1978, l’Atelier avait pour mission d’accompagner les services informatiques de la banque. C’était déjà une vision très disruptive et portée sur l’innovation. » Dans les années 80, l’Atelier s’empare du sujet du Minitel, avant de se pencher sur le crédit à la consommation. Tournant numérique oblige, l’Atelier se concentre ensuite sur les nouveaux usages avec pour ambition affichée d’infuser cette nouvelle culture au sein d’un groupe qui totalise 187 500 collaborateurs dans le monde. Un objectif ambitieux. « Le passage d’un groupe au numérique ne se fait pas à marche forcée ! Via les différents pôles de l’Atelier, nous recrutons des talents qui, après un passage dans nos entités, poursuivront l’avancée des projets au sein des équipes du groupe », nuance Guillaume Degroisse.

Une avancée dans le monde agricole
Au quotidien, les équipes de l’Atelier s’emploient à produire des études et des stratégies de conseils dont 90 % sont à destination du groupe. Des missions classées secrètes et qui viennent appuyer la stratégie de développement de BNP Paribas. La troisième activité est, quant à elle, plus exposée. Il s’agit de la mise en place d’Open Innovation Lab, un accélérateur de start-up. Pour l’heure, l’Atelier a supervisé la création de trois Labs, deux à Paris, le troisième à San Francisco. « Beaucoup de grands groupes créent leur propre accélérateur. Nous avons choisi d’en mettre un à la disposition de nos clients », explique Guillaume Degroisse. Ainsi, à Paris, le premier Open Innovation Lab est dédié aux entre­prises de taille intermédiaire, clientes du groupe, qui, au contact de start-up, planchent sur des innovations en matière de moyens de paiement ou encore d’e-santé. Le second est à destination du groupe. A San Francisco, l’Atelier Open Innovation Lab a été créé en partenariat avec Bank of the West, filiale américaine de BNP Paribas. Parmi les projets en cours, une start-up spécialisée en agrotechnologie est en passe de concevoir un outil permettant aux agriculteurs de gérer les périodes d’arrosage et de récolte en fonction de la météo. Une avancée qui semble bien loin du monde bancaire.
« Cette innovation va nous permettre de mieux servir les agriculteurs qui sont la clientèle historique de Bank of the West, explique Nathalie Doré, CEO de l’Atelier BNP Paribas en charge de la zone Etats-Unis. Grâce à cette invention, nous serons à même de leur proposer des crédits au plus proche de leurs besoins. » Mais dans un monde où la concurrence est féroce, il faut parvenir à séduire les génies du numérique avec de bons arguments : « La force de frappe d’un groupe tel que BNP Paribas, qui est présent dans plus de 70 pays, est un vrai argument pour les start-up qui cherchent à s’internationaliser », explique Nathalie Doré. Pour autant, pas question pour l’Atelier BNP de devenir propriétaire des start-up qu’il incube. Tout au plus reste-t-il l’un de leurs clients privilégiés.

Louis Treussard, CEO de l’Atelier BNP Paribas
Louis Treussard, CEO de l’Atelier BNP Paribas DR

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