Danseur à l’Opéra de Paris, Bruno Bouché dirige la compagnie Incidence chorégraphique et fait partie de l’académie de chorégraphie lancée, en septembre dernier, par Benjamin Millepied, le directeur du ballet de l’Opéra. Un pas de plus vers la modernité.

Jusqu’alors, dans la vie de Bruno Bouché, il y avait l’Opéra de Paris, où il danse, et Incidence chorégraphique, la compagnie dont il est le directeur artistique depuis 1999 et qui produit une dizaine de fois par an, tant à Paris qu’en province et à l’étranger, des créations réalisées par des danseurs de l’Opéra. C’était déjà pas mal. S’ajoute désormais son implication dans le nouveau programme Académie de chorégraphie, un cycle de formation lancé par le très médiatique directeur du ballet, Benjamin Millepied. Programme de pointe mêlant, pour la théorie, des cours d’histoire de la danse donnés par le critique et chercheur Christophe Wavelet et, pour la pratique, des rencontres avec les plus grands chorégraphes ; William Forsythe initiera le cycle.
Et si le choix s’est porté sur Bruno Bouché, c’est sans doute parce que Benjamin Millepied sentait en lui un potentiel, une maturité, un rêve d’expression personnelle. Il faut dire que le danseur et chorégraphe s’était déjà singularisé au cours des programmes de musique et de danse qui se déroulent une fois par an au palais Garnier et pour lesquels il avait créé des pièces très remarquées. « J’ai toujours souhaité avoir cette vie-là, danser à l’Opéra sans pour autant occulter d’autres modes d’expression, d’autres univers. » Une boulimie créatrice que son agenda 2015 a confirmée : une pièce inspirée du tantrisme indien, conçue avec la chorégraphe indienne Rukmini Chatterjee, pour un festival à New Delhi ; la création de la pièce Ce(ux) qui rend(ent) les gens heureux pour le Leipziger Ballett, en Allemagne ; la comédie-ballet de Molière Monsieur de Pourceaugnac, mise en scène par Clément Hervieu-Léger de la Comédie-Française, sur une partition dirigée par William Christie, le fondateur et directeur des Arts florissants…

Parcours

Bruno Bouché, danseur à l’Opéra de Paris

Bruno Bouché apprend la danse à l’Ecole municipale de danse de Roissy-en-France (Val-d’Oise) avec Marie-Christine Robert pour professeur. En 1989, il rejoint la prestigieuse Ecole de danse de l’Opéra de Paris, à Nanterre (Hauts-de-Seine), et, sept ans plus tard, le corps de ballet en qualité de quadrille. Il passe alors les concours pour gravir des échelons, enchaîne les rôles de soliste dans des ballets romantiques, tout en se faisant remarquer en danses contemporaine et néoclassique. Il est promu sujet (avant-dernier échelon avant étoile) en 2003 et signe ses premières chorégraphies : Later that Evening et Bless (2010 ), From the Human Body (2012 ), Soi-Atman (2013) pour l’Opéra de Paris, Yourodivy (2014), Amores 4 et Dance Musique 3-2-1 (2015), Between Light and Nowhere (2015) pour l’Israël Tour, à Tel-Aviv.

Agenda

Incidence chorégraphique : le 2 mars, au théâtre de Sens (Yonne)  ; le 4 juin, à la Grande Scène du Chesnay (Yvelines).
L’Académie de chorégraphie : en juin, à l’Opéra, à Paris.
Le Rappel des oiseaux : le 16 mai, au Café de la Danse, à Paris.
Vivre avec : le 19 avril, à la Grande Salle du Chesnay (Yvelines).


Une effervescence qui ne va pas s’apaiser cette année : un solo le 19 avril, Vivre avec, à la Grande Scène du Chesnay, dans les Yvelines, une création au Café de la danse, à Paris, pour le danseur étoile Mathieu Ganio, Le Rappel des oiseaux à partir du Journal d’un fou, de Nicolas Gogol, mis en scène par Orianne Moretti, ainsi que diverses représentations dans le cadre d’Incidence chorégraphique.
Ce goût pour la diversité, Bruno Bouché l’a également pour ce qui se passe hors des murs du palais Garnier, tel ce court métrage, Les Bosquets, un ballet dont il a assuré la direction artistique sur une chorégraphie du photographe JR, que ce dernier avait créée en 2014 pour le New York City Ballet d’après Portrait d’une génération, réalisé par Ladj Ly en 2004. « Il s’agissait de transposer cette histoire à Clichy-sous-Bois, en portant pour une fois un regard positif sur les banlieues, afin de montrer leur réalité et de donner un visage à ceux qui y vivent. » Le film a été diffusé en 2015 au Tribeca Film Festival, à New York, en avril, et en septembre dernier, à Paris, par la galerie Perrotin, dans le cadre de l’exposition dédiée à JR, Decade : portrait d’une génération.
Assisté de Laura Gédin-Darrieussecq, le danseur a déployé autant de passion pour un programme pédagogique et social d’apprentissage de la danse réalisé dans un collège prioritaire. « Pendant dix mois, j’ai travaillé tous les week-ends avec vingt-quatre élèves d’une classe de -sixième du collège des Chènevreux, à Nanterre. Il en est né un spectacle, Ça manque d’amour, dansé sur une création musicale de Nicolas Worms. C’était passionnant. » Au cœur de toute cette effervescence, le danseur n’oublie jamais son berceau, l’Opéra de Paris. « Si j’aime avant tout la mélancolie qu’expriment les ballets classiques, j’ai eu mon premier grand choc avec un ballet contemporain lorsque j’ai dansé, en 1997, Le Sacre du printemps de Pina Baush. Elle a été l’une des plus belles rencontres de ma vie. Je lui avais écrit que je rêvais de danser dans sa compagnie, et j’ai compris avec elle pourquoi je faisais ce métier. »

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