Compliqué de parler de manière sensible de l’un des chorégraphes les plus sensibles de sa génération sans tomber dans la sensiblerie. Ou sans tomber dans la vaine proclamation, en un hommage stérile. Paul-Henry Bizon célèbre, avec la distance nécessaire, celui qui voit la danse comme « un art de combat » avant de la percevoir enfin comme un « art de la rigueur et du sacrifice ». Cette année, Angelin Preljocaj fête les 30 ans de sa compagnie. L’occasion de revenir, à coups de rencontres et d’entretiens avec le chorégraphe, mais aussi avec Enki Bilal, Jean Paul Gaultier ou Laurent Mauvignier, sur la trajectoire d’un « artiste de synthèse ». De Marché noir, la première pièce pour trois danseurs présentée à Bagnolet en 1984, à Retour à Berratham, sa dernière création pour le Festival d’Avignon 2015, l’auteur décrypte sans concession « un homme en lévitation, un trait d’union, un être qui s’incarne dans la jonction, qui met son art au service de forces contraires ».

Preljocaj Angelin, par Paul‑Henry Bizon, préface de Michel Archimbaud, éditions de La Martinière, 256 p., 49 €.

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