Le constat est criant : 85 personnes dans le monde détiennent une fortune équivalente à celle de la moitié la plus pauvre de la population mondiale.

Jamais la nécessité de combattre les inégalités n’avait été démontrée de façon aussi magistrale. Il faut dire que Joseph Stiglitz n’est pas né de la dernière pluie. « Attention, fissures ! » clame le Prix Nobel d’économie 2001, après avoir mis en perspective les erreurs commises par les gouvernements américains. Et ce dernier d’analyser les causes de ce déséquilibre humain en montrant comment le capitalisme du XXIe siècle a été perverti, décrivant les dimensions de cette inégalité et détruisant le mythe de l’égalité des chances. Il pointe notamment les causes fiscales de la montée inégalitaire et les mauvais côtés de la mondialisation en soulignant comment les politiques ont contribué à la fracture sociale et à la mascarade du libre échange. A partir de modèles suivis dans certaines régions du monde, comme le miracle de l’île Maurice, l’exemplarité de Singapour, ou bien encore la transformation urbaine de Medellín, en Colombie, Joseph Stiglitz indique les issues possibles pour changer la catastrophe inégalitaire. Pour lui, la réussite économique résulte de la nature démocratique et de la transparence des pouvoirs.

La Grande Fracture. Les sociétés inégalitaires et ce que nous pouvons faire pour les changer, Joseph Stiglitz, éditions Les Liens qui libèrent, 2015, 478 p., 25 €.

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