Stevens Frémont

Qualité « Swiss made »
L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne

Longtemps affublée d’une réputation de petite école d’ingénieurs avec, au mieux, un rayonnement régional, l’institution, fondée en 1853, est parvenue, ces quinze dernières années, à se hisser parmi les meilleures universités du monde. Laissant loin derrière elle nombre de ses prestigieuses concurrentes européennes, l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne a su dynamiter les carcans traditionnels et oser d’audacieuses expérimentations et collusions. Sa magistrale ascension en fait aujourd’hui un cas d’école.

Le taxi s’engage dans une avenue et s’arrête au beau milieu de celle-ci. Nous sommes visiblement arrivés à destination. Un chantier à droite, un terrain couvert d’herbes hautes à gauche, des blocs de bâtiments au style architectural plus ou moins heureux au loin.

Etrange entrée en matière. L’accueil devient encore plus incongru lorsqu’on aperçoit une navette sans chauffeur circuler avec quelques passagers à son bord. Le temps de s’habituer à l’éblouissant soleil et on commence à discerner les contours du lac Léman et ses eaux scintillantes dans le fond du décor. En face de nous, l’imposante vague que dessine la façade du Rolex Learning Center se dresse comme une évidence. Cette bâtisse repère nous le confirme : nous sommes bien sur le campus de l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL).

Une décennie d’ascension vertigineuse confirme et établit l’EPFL dans la cour des grands et comme lieu de premier choix pour qui veut faire de la recherche et de l’innovation, deux des missions centrales de l’école, en plus de l’enseignement, toutes intrinsèquement liées. Une philosophie que l’EPFL appréhende comme un écosystème dynamique et en perpétuelle évolution.

Accueillis dans les locaux d’un groupe de recherche spécialisé en acoustique, nous sommes priés de nous placer à l’intérieur d’un carré délimité au sol et d’ouvrir grand les oreilles. Rapidement, un bruit familier de circulation envahit la pièce. On expérimente ici un système de son tridimensionnel. Le groupe qui conduit cette recherche, dirigé depuis 2006 par Hervé Lissek, a notamment pour objectif de déterminer comment le système auditif d’un être humain peut distinguer, traiter et séparer plusieurs sources sonores différentes. La démonstration de la spatialisation du son laisse perplexe. Lorsque la scène de circulation laisse place au bruit d’un pendule, la sensation que son corps est traversé par un mouvement de va-et-vient ne fait aucun doute.

Dans les locaux du groupe de recherche en acoustique, son patron, Hervé Lissek (à droite), expérimente un système de son tridimensionnel.
Dans les locaux du groupe de recherche en acoustique, son patron, Hervé Lissek (à droite), expérimente un système de son tridimensionnel. Stevens Frémont

De la recherche tous azimuts

La visite du laboratoire se poursuit avec un passage dans une salle de résonance et une chambre anéchoïque aux attraits esthétiques insoupçonnés. Les projets de recherche et les possibilités d’application semblent infinis. Les partenariats industriels impliquent aussi bien le festival de jazz de Montreux, que les constructeurs aéronautiques, ou encore Phonak, une société spécialisée dans la production de prothèses auditives.

Dans un autre bâtiment, ce sont des chercheurs, des doctorants et des ingénieurs qui travaillent sur les liens entre la biologie et la robotique. C’est dans ce laboratoire qu’ont débuté les recherches, il y a une dizaine d’années, sur la conception des premiers drones. On suit l’évolution des prototypes accrochés aux murs de ce qui s’apparente plus à un open-space qu’à un laboratoire de recherche.

Devant leur ordinateur, les uns étudient le comportement des insectes, pendant que les autres travaillent sur la morphologie et les matériaux de leurs créatures. Là encore, les potentialités d’application industrielles sont gigantesques. Et la recherche pure, presque métaphysique, avec, par exemple, le concept de robot altruiste, côtoie les partenariats commerciaux les plus classiques.

Sur le campus de l’EPFL, tout le spectre de la recherche est représenté, des matières fondamentales aux domaines appliqués, de la physique quantique à l’architecture, en passant par l’ingénierie et la biologie, sans compter les projets d’études mixtes et autres initiatives transversales.

L’EPFL en chiffres (2014)

  • 5 facultés.
  • colleges.
  • 1 entité transdisciplinaire.
  • 26 instituts.
  • 350 laboratoires.
  • 14 cellules de R&D dans l’Innovation Park.
  • 192 start-up créées entre 2000 et 2014.
  • 9 921 étudiants au total.
  • 338 professeurs.
  • Plus de 120 nationalités.
  • Près de 200 M € de fonds levés pour les start-up.
  • 4e au classement QS européen, 14e au classement QS mondial.
  • 2e au classement Leiden européen, 21e au classement Leiden mondial.


Le législateur helvétique est là pour rappeler  l’école à l’une de ses missions fondamentales en matière d’innovation : assurer le transfert technologique du monde académique à la sphère économique. Pour encourager ces interactions et définir un cercle vertueux, l’école mise sur la proximité géographique et spatiale tout en fournissant à ses interlocuteurs les outils nécessaires à l’exploitation pérenne du vivier qu’elle abrite. Ainsi le campus est-il doté de tout l’arsenal nécessaire.

Outre 350 laboratoires et des centaines de start-up, l’Innovation Park rassemble les services de R&D d’entreprises comme Nestlé, Siemens ou le Crédit suisse. Les partenariats industriels – le projet Solar Impulse, l’avion solaire lancé dans un tour du monde à l’initiative des Suisses Bertrand Piccard et André Borschberg, ou Venice Time Machine, qui vise à numériser les archives de la cité des Doges – assurent une forte visibilité médiatique.

Les innovations en recherche et en pédagogie – l’école est pionnière dans les massive open online courses (MOOC) depuis 2012 ou avec le projet Blue Brain, qui vise à créer un cerveau synthétique – confirment à leur tour le niveau d’excellence de l’EPFL.

Qualité « Swiss made » – L’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne

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