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Amel Brahim Djelloul
Panorama de mélodies

The Good Life : Comment est né ce projet ?
Amel Brahim Djelloul : Je connais le pianiste Nicolas Jouve depuis nos études. Nous portons ce projet depuis longtemps. Nous voulions proposer la réinterprétation de mélodies populaires par des compositeurs d’inspiration savante. Le côté simple des mélodies s’étoffe par un accompagnement pianistique très travaillé, enrichi par des harmonies incroyables. Nous voulions, dès le début, le faire en plusieurs langues. Et finalement, on en trouve cinq dans ce disque !

TGL : Justement, ce grand écart entre des langues si différentes que l’allemand, l’anglais, le dialecte vénitien, l’occitan ou le français n’est-il pas particulièrement difficile ?
A. B. D. : Il y a une grande difficulté, effectivement, et particulièrement pour passer d’une langue à l’autre. Et pour construire un programme qui passe de façon limpide d’un langage à l’autre. Nous avons énormément travaillé. Ainsi, l’anglais pour les mélodies de Respighi, inspirées par des chants populaires écossais. Nicolas Jouve adore cet univers des Highlands écossais et m’a communiqué sa passion. J’ai étudié la prononciation avec un Ecossais… en espérant qu’elle est satisfaisante. L’allemand des Lieder de Brahms est un allemand ancien, difficile à prononcer. Mais j’aime profondément la poésie allemande. Le dialecte vénitien des mélodies de Reynaldo Hahn est une autre manière d’interpréter ce compositeur connu pour ses mélodies françaises.

TGL : Vous nous faites aussi découvrir deux compositeurs, auteurs de mélodies espagnoles, le Français Henri Collet et l’Espagnol Jésus Guridi.
A. B. D. : Leurs mélodies sont très différentes, celles d’Henri Collet ayant un style plus léger, enlevé, que celles de Jésus Guridi. Ces dernières sont très contrastées, très imagées, et l’accompagnement pianistique particulièrement bien écrit, très recherché. Nous voulions faire découvrir des œuvres très peu connues. Quand on pense à la mélodie populaire espagnole, on évoque immédiatement Manuel de Falla. Or, nous voulions justement éviter des œuvres souvent interprétées.

TGL : Vous avez commencé l’étude de la musique par le violon.
A. B. D. : J’ai choisi cet instrument parce que j’étais fascinée par mon grand frère, violoniste. Une de mes sœurs a également étudié le violon. Petite, je voulais jouer dans un orchestre, raison pour laquelle, également, j’avais étudié cet instrument. Un instrument dont il ne faut pas oublier… qu’il chante.

Populaires, Amel Brahim Djelloul et Nicolas Jouve, Eloquentia.

 

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